mercredi 23 août 2017

Bibliothécaire musical et polyvalence

Lien vers l'ancien site ACIM

La question posée sur forum concerne deux sujets connexes : as-t-on besoin de compétences particulières pour gérer un fonds musique ? Les discothécaires et bibliothécaires doivent-ils devenir complètement polyvalents ?

Le débat est vif car les relations entre bibliothécaires imprimés et bibliothécaires musicaux semblent loin d'être apaisées.

La polyvalence en question

La polyvalence n'est pas une chose souhaitable pour l'exercice de notre métier. Si on connaît tout, on ne connaît rien. Qui peut prétendre exceller en tout ? Même si en tant que médiateur, on doit être en mesure de renseigner un lecteur, est-on capable d'orienter dans tous les domaines un usager sur autre chose qu'une demande précise ? Il s'agit souvent de gérer une pénurie de personnel et un gel des embauches, notamment lors d'ouverture de sections multimédias.

Par ailleurs, la polyvalence ne paraît pas un bon moyen pour entretenir la motivation des bibliothécaires. La polyvalence induit une forme d'interchangeabilité entre individus et nous transforme en caissière de supermarché.

Du bibliothécaire musical

Pour en revenir aux sections musiques des médiathèques (et même aux sections audiovisuelles), peut-être qu'il y a encore une vision négative des secteurs imprimés. Certains collègues discothécaires ont en partie mis en place ce ghetto pour affirmer leur identité professionnelle. Comme souvent dans ce genre de situation conflictuelle, les deux parties ont leur part de responsabilité avec d'excellentes raisons pour chacun.

Pour montrer le rôle que peut jouer un professionnel musique en médiathèque, il suffit de se placer du point de vue de la demande des auditeurs. Comment un bibliothécaire non musical répondra-t-il à une demande sur un genre musical pointu, en musiques électroniques par exemple ? S'il n'y connaît rien, cela suppose qu'il y ait une bonne indexation sur la base bibliographique et donc un discothécaire capable de la faire.

Autre type de situation déjà évoquée : si on n'a pas le(s) document(s) correspondant à la demande précise de l'auditeur, une personne spécialisée sera à même de lui proposer autre chose voire (O miracle du service public) de lui faire découvrir d'autres disques ! Alors à moins d'avoir une bibliographie permanente dans tous les genres et sous genres, il paraît difficile de se passer d'une expertise…

Comment un bibliothécaire polyvalent fera-t-il pour constituer un fonds riche et cohérent par rapport à nos missions culturelles ? Le recensement, la cohérence du catalogue, la mise en valeur des fonds et la conservation devraient être mise en œuvre par un bibliothécaire ayant des compétences musicales.

Une formation peu développée

L'absence de cursus de formation et de concours spécialisés joue aussi un rôle dans l'absence de reconnaissance du métier de bibliothécaires musicaux qui devrait dorénavant remplacer l'appellation discothécaires. En effet l'évolution des médiathèques amène à mélanger les supports et le contenu devient plus important.

Pour conclure

Il faut appeler de nos vœux une évolution des relations entre bibliothécaires imprimés et musicaux afin de rendre le meilleur service aux usagers des bibliothèques. L'idéal serait de jeter aux orties les réactions de défense et les images toutes faites que les uns ont des autres et réciproquement.

Pour nous bibliothécaires musicaux, il devient urgent de formaliser davantage nos pratiques et nos politiques d'acquisitions. Vaste chantier en perspective…

Interventions de Pascal Wagner, Sophie Szudrak, Christine Massé, Paul Heems, Sonia Popoff, Claire Touchet et Xavier Galaup

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