mercredi 23 août 2017

Musique en Bibliothèque : quels media, quels futurs ?

Lien vers l'ancien site ACIM

Ce Lundi 29 Novembre 2004, bravant bouchons et intempéries, les membres de l'association VDL (Vidéothécaires et Discothécaires du Lyonnais) se retrouvèrent en banlieue Lyonnaise à Rillieux-La-Pape pour leur XIème journée d'étude intitulée « Musique en Bibliothèque : quels media, quels futurs ? ».

Une grand messe régionale et professionnelle consacrée cette année au devenir du métier face à la résurrection de ce vieux serpent de mer qu'est la dématérialisation des supports enregistrés.

Articulée autour de deux tables rondes -l'une en matinée présentant un état des lieux de l'offre (des majors aux indépendants) partant de la récente évolution dans la concentration du marché de l'édition musicale, l'autre l'après-midi abordant le défi de la diversité dans la constitution des collections ainsi que l'évolution des services.

La thématique de cette journée de réflexion avait pour point de départ la problématique actuelle du piratage musical via la copie du CD audio ou plus encore le téléchargement sauvage sur l'Internet et ses conséquences sur le marché de la musique donc au sein de notre profession.

Introduction

Après le traditionnel petit déjeuner d'accueil, convivial et chaleureux comme à l'accoutumé, c'est monsieur Jacky Darne, maire de Rillieux la Pape, qui introduit cette journée par une présentation rapide de sa ville (30 000 habitants, population très diversifiée recouvrant pas moins de 70 à 80 nationalités) avec une judicieuse réflexion sur les enjeux culturels d'une ville comme la sienne où la bibliothèque joue un rôle important dans la cohésion sociale en soulignant plus généralement le rôle fondamental de la lecture publique dans ce genre de contexte. Il évoque les controverses autour du phénomène du piratage, rappelle Beaumarchais au passage, et remarque la tendance de plus en plus forte en la matière à épouser les normes du droit anglo-saxon. Il salue enfin Annie Ribery, responsable des Affaires Culturelles à Rillieux, Patrick Bazin, directeur de la Bibliothèque de la Part-Dieu à Lyon, ainsi que les différentes personnalités présentes.

La parole est ensuite donnée à Gilles Lacroix, conseiller pour le livre à la DRAC, qui traditionnellement ouvre chacune des rencontres organisées par VDL. Au nom du Ministre de la Culture, et en référence aux propos de Jacky Darne, il constate que « les élus ont énormément de choses à dire aux techniciens ». Il s'emploie à rappeler que Jean Gattégno, il y a plus de vingt ans, a voulu cette politique des bibliothèques et à mettre l'accent aujourd'hui sur une tendance nouvelle et importante dans la profession : une véritable reconnaissance du non-livre (à travers le CNL notamment qui offre maintenant des subventions jusqu'à 10% de non-livres).

Il apparaît que 50% des établissements de lecture publique sont désormais équipés d'un fonds musical. D'après une enquête de Livre hebdo, il ressort que le taux de rotation des supports audiovisuels (DVD, vidéos et CD) est plus important que celui des imprimés et les prêts audiovisuels représentent 36% de l'ensemble des prêts pour un fonds de 12% seulement de l'ensemble du fonds documentaire. Une question se pose alors qui fera partie des interrogations de cette journée : faut-il réorienter nos choix ?

Toutefois Monsieur Lacroix insiste avec optimisme sur le fait que nous sommes confrontés durement et depuis longtemps aux mutations auxquelles nous avons toujours su nous adapter et que nous avons toujours su intégrer à nos compétences et missions. La possible dématérialisation du support semble n'être pour l'heure qu'une étape supplémentaire à laquelle il convient tout de même de se préparer. Chaque discothécaire doit être à la fois un bon généraliste et le spécialiste d'un domaine, il est, plus que tout autre partenaire de la Bibliothèque, sujet à l'éventuelle dématérialisation des supports.

Etat des lieux de l'édition musicale

On en vient alors à la table ronde proprement dite, la première de la journée, concernant l'état des lieux de l'édition musicale et ses incidences sur le marché de la musique Et qui réunit des représentants indépendants de Jungle production / Musiques indépendantes, Pages et images, Alternative distribution ainsi que Gilles Tordjman du magazine Vibrations. Christian Massault, président de VDL (Vidéothécaires et Discothécaires de la Région Lyonnaise) et représentant du centre de formation régional MEDIAT en assure la modération.

Monsieur Massault souligne le franchissement en 2002 de la barre symbolique des 50 % de présence de « discothèques » dans les établissements de lecture publique, remarque que La vidéo est à 30 % et constate l'indifférence des majors à la problématique de la diffusion de la musique en bibliothèque (au contraire de la vidéo) traduit par la difficulté et l'impossibilité de faire participer à la table ronde des majors de la distribution ou des producteurs dont le point de vue aurait été enrichissant. C'est l'occasion de rappeler ou d'informer que les éditeurs indépendants représentent 65 % des parutions, pour 3% du chiffre d'affaire global.

Gilles Tordjman, du magazine Vibrations prend alors la parole et donne un panorama sur l'édition musicale en France. Il s'appuie sur les chiffres de l'Observatoire de la Musique (Cité de la Musique). Le Cd a vu une chute de 10,7 % en volume, de 12 % en valeur (-20 % pour les Musiques du Monde, -17 % pour les « variétés internationales » - ces deux derniers chiffres en volume). Le DVD représente 4 % en volume.

Pour autant la musique en ligne n'est pas une pratique courante. Elle ne représente, en effet, que 0,1 % du marché et le téléchargement est une pratique encore très peu répandue. Le Cd aurait donc encore quelques beaux jours devant lui, malgré les développements techniques galopants (notamment le procédé MP3) Il va cohabiter avec le DVD et l'écoute en ligne, d'autant que pour l'instant, il reste en tête pour la qualité d'écoute. La perte totale est donc moins alarmante qu'annoncée. Gilles Tordjman constate que l'inquiétude et la culpabilisation est entretenue par les majors, alors que le téléchargement est marginal.

Des différents échanges qui s'ensuivent, il ressort que le projet de vente musicale "MP3" en format protégé est peut-être le tournant à saisir actuellement. Les Médiathèques deviendraient un relais primordial pour les producteurs indépendants qui souffrent actuellement d'une profusion tous azimuts. D'autre part, la généralisation des marchés publics est très souvent un obstacle à la diffusion des petits producteurs qui n'ont pas les moyens de s'aligner. Il faut savoir que la passation d'un marché avec appel d'offre n'est obligatoire qu'à partir d'un budget de 90 000 €. De plus, un marché peut se négocier intelligemment par le système des lots. S'il est contraignant, il permet aussi de déterminer précisément les spécificités de chaque lot (ex. : suivi des petits labels). Le cahier des charges permet au fournisseur de se situer par rapport à nos besoins. Si un fournisseur indépendant correspond au profil, tant mieux !

Néanmoins, attention, il semble que dans la pratique, les éditeurs indépendants passent après les autres, à nous d'être plus exigeants ! En effet les petits éditeurs et producteurs restent parmi nos fondamentaux dans la mesure où ils ont une souplesse que les majors n'ont pas. Ils peuvent facilement contacter un petit label et l'ajouter à leur catalogue. Leur rôle est de découvrir de nouveaux talents et d'encourager la création musicale hors des critères standardisés, sans oublier qu'ils sont souvent de précieuses aides en matière d'animations dans le cadre, entre autres, de spectacles vivants.

Lorsqu'il s'agit de dresser des perspectives, il apparaît rapidement que l'on s'achemine vers un support unique, quel que soit le contenu. Le médiateur (bibliothécaire spécialiste du livre ou de audiovisuel) aura plus que jamais un rôle de conseil, tant pour l'accès à l'information que pour la connaissance de ses contenus. Attachons-nous à diffuser du contenu et non du contenant et à en maintenir la diversité et la facilité d'accès, telle est notre mission !

La musique numérisée va permettre de récupérer des enregistrements sur vinyles (d'après des initiatives privées) et de sauver quelques œuvres parmi nombre de disparues des catalogues. Par rapport aux pratiques largement répandues de piratage de Cd, le discothécaire peut avoir un rôle pédagogique, en expliquant le manque à gagner de l'artiste. Mais, on peut aussi considérer que tout disque recopié ne correspondrait pas forcément à un achat. De plus, copie et achat ne sont pas antinomiques. Pourquoi ne pas envisager comme dans les bibliothèques anglaises de proposer des Cd parus depuis plus de 6 mois ? (Bien que ce soit déjà souvent le cas dans la pratique, bien malgré nous...).

Enfin la question du droit de prêt est abordée, l'occasion pour Michel Sineux de rappeler que ce problème avait déjà été soumis au ministre de la Culture par la Discothèque de France, à l'occasion de l'ouverture de la Discothèque des Halles et avait finalement abouti, après négociation avec la SACEM à une tarification annuelle pour la sonorisation des espaces, mais laissait en suspens la question du prêt des documents sonores. Mais il n'est pas exclu que la question revienne sur le tapis : à suivre...mais pour l'heure cette question met un terme à cette copieuse matinée.

Politiques documentaires

L'après-midi s'ouvre à 14h30 sur le second point fort de la journée : la rencontre autour des politiques documentaires. En l'absence de Pascal Wagner et Nicolas Blondeau empêchés, se retrouvent autour de la table Michel Sineux témoin d'une histoire moderne de la documentation musicale, Marc Boilloux de la BPI, Geneviève Anstett membre de l'AIBM et Christian Massault de nouveau sollicité pour être le modérateur de cet atelier de réflexion. En guise de préambule Michel Sineux évoque la question de l'ACIM et de son devenir. Même si « Ecouter Voir » a cessé de paraître pour des raisons économiques et si la parution trimestrielle annoncée n'a pu voir le jour du fait du désengagement des tutelles, L'ACIM existe toujours. Un nouveau Conseil d'Administration a été élu en 2004, et 2005 doit être vécu comme une année de transition destinée à poser de nouvelles bases saines et solides. Rendez-vous est pris pour une prochaine réunion de l'ACIM lors du congrès de l'ABF à Grenoble du 16 au 19 Juin prochain. Christian Massault annonce à cette occasion la tenue d'un atelier « évolution des médias , évolution des services » intégré au programme du congrès, dans le cadre de la 5ème édition des Rencontres Nationales des bibliothécaires musicaux qui se déroulera aux mêmes dates à la nouvelle médiathèque Kateb Yacine voisine du centre de congrès. Michel Sineux reprenant la parole essaie de cerner les approches de la politique documentaire musicale. Il relève la difficulté rencontrée par l'édition phonographique et les contraintes des bibliothèques à constituer des collections représentatives et variées tout en faisant remarquer que la politique documentaire soulève une problématique complexe. Il faut d'une part, représenter dans le temps et l'espace tous les domaines (une histoire et une géographie musicales), et d'autre part, tenir compte des choix du public conditionnés par l'offre éditoriale.

La politique documentaire est difficile à réaliser, plus encore dans le domaine du disque que dans le domaine du livre. La difficulté est encore accrue pour la constitution d'une collection raisonnée sur le support de musique filmée.

Une collection en matière musicale devrait être représentative de ce qu'a été l'histoire des cultures musicales. Elle devrait rassembler des CD, de la musique imprimée, des DVD, et tout support documentant la musique. Les publics en sont multiples et il faut sans doute essayer de personnaliser les collections en fonction des bibliothèques : centrales (références) et annexes à l'image des différents quartiers.

Suite à l'intervention présentant le réseau grenoblois (Le CNR fonctionne en collaboration avec 2 bibliothèques municipales dans le cadre d'une orientation de ses fonds de partitions vers la musique savante) Michel Sineux resitue la réflexion historique lors de la constitution du fonds de la discothèque des Halles pour aboutir à une médiathèque musicale s'adressant à tous les publics. (La revue « Ecouter voir » est née dans cet établissement).

Des exemples montrent que le concept de « médiathèque musicale » s'applique plus aisément dans des villes d'une certaines importance (Paris -Grenoble-Villeurbanne). L'accès aux documents à Grenoble est favorisé par un catalogue commun, une carte réseau, une politique documentaire concertée (commission musique 1fois/mois impliquant l'ensemble du réseau). Une cartographie des fonds de CD a été faite, en cas de mobilité dans les équipes la responsable coordonne. Il n'y a toutefois pas de document de référence écrit pour l'instant du fait de la charge de travail actuelle.

Partant de là, s'il apparaît plus aisé de réaliser une politique documentaire en matière de livres que de phonogrammes, c'est chose encore plus difficile quand il s'agit de DVD musicaux, pour lesquels nous sommes encore tributaires d'une production débutante, aléatoire, avec des obstacles juridiques liés aux droits pour le prêt et la consultation sur place.

La discussion porte alors sur le mode d'accès, sur le fait qu'il y ait des publics privilégiés (professeurs, élèves) et une tarification selon leur statut. Il en ressort, que l'expérience du partenariat à Grenoble entre la Médiathèque et le CNR repose sur une concertation au niveau des responsables uniquement dans le domaine des livres. Toutefois il est intéressant de noter que même non contractualisé, cela fonctionne.

Le modèle de Villeurbanne est différent, il y a une convention entre les différents partenaires qui engage la politique en terme de continuité du service public.

Certains collègues, de villes de moindre importance, expriment la contrainte des interventions de certains élus dans la politique documentaire, un point particulièrement sensible qui permet à Michel Sineux de rappeler que le regard des élus sur la lecture publique est différent suivant qu'il s'agit de livres, ce qui les renvoie à la culture, l'information, l'éducation ou qu'il s'agit de « non livre », ce qui les renvoie à l'idée de divertissement.

Marc Boilloux conservateur à la BPI, responsable de la consultation des documents sonores, prend alors la parole pour faire état de l'évolution de son service.

La BPI est une bibliothèque de consultation sur place. A sa création, on pouvait consulter un fonds de vinyles, puis sont arrivés les CD. Tous les documents concernant la musique sont réunis dans un même lieu dont la fréquentation est particulièrement intensive. Sont notamment très écoutées les musiques rock et d'Afrique du Nord. Avant 2000, on a constaté beaucoup de dégradations et de disparitions dans ces domaines. Entre 2000 et 2004, on a noté en moyenne 500 réservations de postes d'écoute par jour (60 postes musique et 40 postes vidéo à disposition). On a donc procédé lors de la réinformatisation générale de la Bpi en 2000 à la dématérialisation des supports : les CD sont stockés dans des robots, les livrets restant accessibles en bacs. L'usager accède au CD par une interface unique (lecture de code-barres, catalogue...). Environ 40% du fonds de CD est ainsi stocké en robot.

C'est un plus grand confort pour l'utilisateur : à partir d'un seul poste, il a accès à l'ensemble du fonds en robot. Les documents ne sont plus égarés (il y avait beaucoup d'erreurs de reclassement après utilisation). Le personnel peut passer plus de temps au conseil du public. Les fonds les moins consultés sont accessibles sur les platines traditionnelles.

La Bpi dispose également d'un abonnement à Classical Music Library (1 000€ par an pour 3 licences). L'abonnement à ce type de base permet de passer facilement de l'écoute d'une oeuvre à des données documentaires.

L'offre actuelle de téléchargement de musique en ligne ne semble pas permettre d'avoir une réelle politique documentaire.

En ce qui concerne l'image : la consultation est entièrement informatisée. Une grande part est accordée à la consultation des films. La qualité est excellente : certains sont gravés sur DVD, d'autres numérisés (pas de problème de dégradation du support). Cependant le fonds de films est essentiellement constitué de films documentaires et d'un petit fonds de films d'animation ; une ouverture limitée sur la fiction est envisagée (adaptations littéraires).

Geneviève Anstett, responsable du centre de ressources documentaires de la bibliothèque de l'Ecole Nationale de Musique de Villeurbanne nous fait part à la fois de son expérience et de son travail. Il s'agit de la constitution d'un fonds de partitions, revues et livres en lien informatique avec la MLIS de Villeurbanne (récupération de notices OPSYS). Elle se pose la question d'un débouché vers un partenariat au niveau des publics en effet les partitions sont à l'école de musique et le public de la MLIS ne peut pas les emprunter (peur des élus de voir le centre envahi par les Villeurbannais ?).

Une collègue de Grenoble fait alors part de la réflexion qui l'anime d'établir une charte documentaire sur les deux médiathèques d'agglomération, les médiathèques de quartier plus la bibliothèque du Musée de peinture et la bibliothèque des écoles d'art.

La ville de Nantes, quand à elle clos, cette après-midi de débat en apportant son témoignage de la mise en place d'une charte de politique documentaire musicale assez rare pour être soulignée et construite sur les critères, particulièrement subjectifs et sujets à polémique de qualité de la production musicale française.

Patrick Bazin directeur des bibliothèques de la ville de Lyon et grand témoin de la journée prend enfin la parole afin de nous livrer son sentiment et faire une synthèse de cette rencontre.

Il a bien ressenti le désir ardent des discothécaires de se rapprocher de la bibliothèque, de tisser des liens, de créer de la transversalité, pour se rapprocher de l'image de la bibliothèque idéale, unifiée. Pour lui, la bibliothèque est un lieu polymorphe, multiforme, multi support d'accès à la connaissance.

En ce qui concerne les collections, une remarque s'impose à lui : un double discours prédomine :explicite il se traduit par « pas de star'ac » et implicite par « on tolère, on est plus laxiste ».

Jusqu'à une période récente, le rôle de la bibliothèque était de rendre compte d'une certaine structuration du savoir. On ne peut plus penser comme cela aujourd'hui. La question de l'encyclopédisme est en crise à l'heure actuelle. La sélection de base, qui était un pôle de stabilité, est toujours en mouvement, fonction de l'attente du public, de l'offre éditoriale, des demandes des élus, de la compétence des professionnels.

Le mouvement général va vers une multiplicité des cultures, des points de vue. La diversification culturelle ne fonctionne plus seulement dans le champ occidental classique. La nécessité de savoir circuler dans un espace de savoir, de sortir de sa prison culturelle ou mentale nous interpelle.

N'est-on pas en train de voir émerger un modèle « a posteriori » ? Le rôle d'une médiathèque n'est-il pas d'évaluer ce qu'elle fait, ce qu'elle a acquis auparavant ? La dématérialisation (Internet / numérisation des documents) produit de la diversité. Aura-t-elle un impact radical sur l'avenir du disque ?

Le livre, par nature, échappera au rouleau compresseur du numérique. Si le contenu musical, est relativement indépendant du support, il n'en n'est pas de même du livre. L e rôle du discothécaire ne disparaîtra pas pour autant : il y aura toujours besoin de conseil, d'accompagnement. Le discothécaire s'intéressera au contenu, à la recherche d'un morceau de musique.

Comment accueillerons-nous le public ? Le rôle des bibliothécaires sera de tisser des liens entre les différentes formes d'expression.

Et pour ce qui est du domaine de l'économique, entre les majors et les indépendants, il faut jouer sur les deux niveaux.

Le droit de prêt, sujet polémique, n'est-il pas finalement une chance un signe de santé pour les bibliothèques ? Cela signifie qu'elles représentent quelque chose. Elles peuvent prouver qu'elles sont des acteurs à part entière dans la culture du livre. Il ne faut pas opposer l'économique au culturel et à l'intellectuel.

La transversalité s'impose. On ne peut plus raisonner de façon séparée entre les supports (image, son, écrit...) : C'est une nouvelle réalité prometteuse qui rejoint une évolution générale du champs culturel. Lectures à haute voix, concerts..., se pratiquent partout. Les bibliothèques doivent s'inscrire dans la « fractalisation » du champ culturel. Elles sont généralistes. Leur faiblesse : elles n'ont pas de légitimité domaine par domaine.

Pour ce qui est de la Coopération et des mises en réseaux, c'est la nécessité de la mise en place de complémentarités qui s'impose. Compte tenu de la diversité exponentielle de l'information, les bibliothèques doivent pouvoir imaginer mettre en réseau de plus en plus de partenaires hétérogènes. L'évolution des systèmes informatiques permet des interfaces de plus en plus souples.

Enfin l'avenir est dans une mise en réseau « a posteriori », car la réalité, les attentes du public sont mouvantes. Il n'y aurait plus grand chose à attendre de la mise en place de structures « a priori »).

Pour réajuster la dynamique des acquisitions, une interactivité avec le public et le monde de l'édition est nécessaire.

Il faut absolument avoir comme fil directeur la diversité : publics, attentes, bibliothécaires, production éditoriale, bénévoles...

Le rôle du bibliothécaire est bien d'être une interface au milieu d'une toile et d'un réseau. Ce sera la formule qui fera écho à cette onzième journée d'étude VDL et en marquera le terme.

Laisser un commentaire

CAPTCHA - Répondez à la question suivante : * Time limit is exhausted. Please reload the CAPTCHA.

Propulsé par WordPress