Dossier : statistiques sur la musique en bibliothèque, le marché du disque, et les pratiques musicales (édition 2014)

ACIM logoDans le débat actuel sur le maintien de la musique en bibliothèque qui peut prendre parfois des tours irrationnels, l’ACIM souhaite affirmer un rôle d’observatoire, en proposant la collecte et la synthèse des statistiques portant sur les collections et les prêts de documents sonores en bibliothèque, l’état du marché de la musique enregistrée, et le développement des pratiques musicales et numériques.

Merci à Nicolas Blondeau, pour la réalisation de ce dossier, dont le but est de donner à chacun des éléments afin de s’adapter à l’évolution des pratiques musicales, et d’adopter des politiques en phase avec les transformations observées. L’ACIM mettra à jour annuellement ces données, en conservant en archive les dossiers des années précédentes, afin d’en permettre la consultation sur le long terme.

Sophie Cornière,
Présidente de l’ACIM

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A l’heure où le numérique modifie en profondeur l’accès à l’information et aux œuvres culturelles, l’offre de musique enregistrée dans les médiathèques paraît remise en question dans sa forme actuelle de discothèque. La crise du disque, la baisse des prêts en bibliothèque, … tout semble concourir à annoncer la fin de l’âge de la collection et l’avènement de l’ère du flux,  alors que les jeunes générations se tournent vers de nouvelles pratiques d’écoute, où la musique se consomme sur un mode dématérialisé (streaming, téléchargement, …).

Dans ce contexte, discothécaires, bibliothécaires musicaux, responsables d’établissements, et élus s’interrogent pour savoir s’il faut maintenir les collections de documents sonores, ou les compléter, voir les remplacer par des ressources numériques, ou d’autres services.

Pour accompagner les bibliothèques dans ce questionnement, l’ACIM a souhaité collecter et présenter les statistiques les plus à jour sur les évolutions de la musique en bibliothèque, du marché du disque, et des pratiques musicales afin de servir à la réflexion, au delà des préjugés et des dogmes modernistes ou conservateurs. Les données présentées émanent d’institutions et d’organismes de référence tels que l’Observatoire de la Lecture Publique,  l’Observatoire du dépôt légal de la Bibliothèque Nationale de France, l’Observatoire de la Musique,  le Syndicat National de l’édition Phonographique, le Département des études de la prospective et des statistiques du Ministère de la Culture et de la Communication.

Le disque comme objet physique a-t-il un avenir ? Une collection d’enregistrements sonores est-elle encore nécessaire dans une bibliothèque publique ? Comment interpréter les tendances actuelles pour définir les services de demain ? Sans prétendre apporter des réponses à ces questions sous forme de préconisations, l’ACIM souhaite s’engager dans l’exploitation et la mise en valeur des données et les indicateurs existants, afin de permettre à chacun de construire sa réflexion, en apportant une aide à la décision sur ce sujet.

 

1. Les collections et les prêts de documents sonores dans les bibliothèques

« Les disques compacts ne sont pratiquement plus empruntés en médiathèque. »

Faux : Si l’on constate une baisse conséquente des prêts (enregistrée dans de nombreux établissements depuis le milieu des années 2000). Dans les bibliothèques, chaque livre imprimé est prêté en moyenne 1,4 fois par an. Les documents sonores sont prêtés un peu plus souvent, avec une moyenne annuelle de 2,1 prêts par an. (Observatoire de la lecture publique. rapport 2013)

2. Le dépôt légal des documents sonores

« Avec le numérique, le nombre de disques édités a fortement décliné. »

Faux : Le nombre de dépôts reste élevé (12 505 documents) , il n’a même jamais été aussi haut depuis 2004, à l’exception de 2012 (14669). (BNF. Chiffres du dépôt légal)

3. Le marché de la musique enregistrée

« Avec le téléchargement et le streaming, la part de marché du disque physique ne représente presque plus rien dans l’économie de la musique »

Faux : En 2013 en France, le marché physique représentait encore 74,5% du marché de la musique enregistrée, la part de marché du téléchargement et du streaming étaient respectivement de 12,71% et de 10,96%. (chiffres SNEP)

4. Les pratiques culturelles : l’écoute de la musique et les pratiques musicales en amateur

« L’écoute de la musique est devenue une des pratiques préférées des français(e)s »

Vrai : En 2008, 34% des Français écoutaient de la musique tous les jours ou presque contre 27 % onze ans plus tôt.  (Ministère de la Culture. Les pratiques culturelles des Français à l’ère numérique : Éléments de synthèse 1997-2008)

 

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1. Collections et prêts de documents sonores dans les bibliothèques

L’observatoire de la lecture publique est un organisme dépendant du M ministère de la Culture et de la Communication qui a en charge la collecte, l’exploitation et la diffusion de données statistiques relatives aux bibliothèques publiques.
http://www.observatoirelecturepublique.fr/observatoire_de_la_lecture_publique_web/

I. Données par bibliothèque

Il permet de consulter en ligne les statistiques collectées tous les ans auprès des bibliothèques municipales et intercommunales par le service du livre et de la lecture du ministère de la culture et de la communication.
L’accès aux données des bibliothèques est proposé via une recherche par unité administrative de 2009 à 2012 :
http://www.observatoirelecturepublique.fr/observatoire_de_la_lecture_publique_web/FR/recherche_ua.awp

Onglet D – Collections > D4 – Documents audiovisuels > Documents sonores : musique
Onglet E – Usages et usagers de la bibliothèque > 2 – Prêts > Documents sonores : musique

II. Rapport de synthèse statistique 2012

Le rapport de synthèse statistique 2012 du service du livre et de la lecture est disponible (format pdf).

A propos des documents sonores (extraits du rapport) :

Fonds sonores

“En 2012, 57 % des bibliothèques disposaient d’un fonds de documents sonores (sur support), qu’il s’agisse de musique ou de livres enregistrés, pour seulement 17 % au sein des points d’accès au livre. En intégrant les établissements n’en n’ayant pas, on estime qu’une bibliothèque proposait un fonds d’une ampleur moyenne de 1 700 documents sonores, soit un ratio de 26 documents sonores pour 100 habitants.” (p. 21)

“On doit noter qu’en 2010, seules 48 % des bibliothèques disposaient d’un fonds de documents sonores, pour 13 % des points d’accès au livre. Les bibliothèques ont donc connu une progression de 9 points en deux ans de ce taux de mise à disposition (intégralement liée aux bibliothèques desservant moins de 20 000 habitants), les points d’accès au livre une progression de 4 points. Entre 2011 et 2012, les collections de documents sonores des bibliothèques ont connu une augmentation en volume de +5 %, soit une progression limitée mais supérieure à celle observée pour les livres imprimés.” (p. 22)

Natures des collections

Une bibliothèque dispose d’un fonds moyen de près de 22 000 documents dont 80 % de livres, 10 % de périodiques , 8 % de documents sonores , 3 % de vidéos  » (p. 25)
« Dans une approche purement quantitative, on peut ainsi dire que l’équité d’accès à un fonds d’ampleur relative est ainsi assurée. Cette équité d’accès est totalement assurée pour les livres, avec 1 500 à 1 800 livres disponibles par inscrit, ce quelle que soit la population couverte. Elle est cependant moins vérifiée pour les points d’accès au livre et les bibliothèques des communes de moins de 5 000 habitants pour les documents sonores et les vidéos, documents respectivement 4 et 8 fois moins présents que dans les autres établissements. » (pp. 25-26)

Acquisitions de documents sonores

“Près d’une bibliothèque sur deux (41 %) a acquis des documents sonores en 2012. Les résultats varient très sensiblement selon les populations couvertes : 98 % pour les bibliothèques des communes de 40 000 habitants et plus, 91 % pour les bibliothèques des communes de 20 000 à 40 000 habitants, 74 % de 5 000 à 20 000 habitants et seulement 29 % pour les bibliothèques des communes de moins de 5 000 habitants. Seuls 8 % des points d’accès au livre ont fait l’acquisition de documents sonores.
Ces volumes d’acquisition représentent globalement 6,5 % du fonds des bibliothèques. On remarque ainsi que les efforts d’acquisition sont légèrement plus conséquents pour les documents sonores que pour les livres imprimés (5,7 %). Cette situation 2012 est identique à celle observée en 2010 et 2011. En volume, le nombre total d’acquisitions de documents sonores est en progression de 5 %, soit une évolution légèrement plus favorable que celle des acquisitions de livres imprimés (+1 %).

En précisant que 99 % des documents sonores acquis par des bibliothèques en 2012 l’ont été par des structures ayant déjà un fonds de ce type en 2011, on doit noter que les bibliothèques réalisant pour la première fois des acquisitions de documents sonores ont été peu nombreuses, proportion estimée à 3 % de l’ensemble des bibliothèques (2 % pour les points d’accès au livre). On retrouve ici le constat précédemment mis en en évidence, la part des établissements proposant des documents sonores progresse certes mais lentement, gagnant quelques points chaque année.” (pp 32-33)

Prêt de documents sonores, taux de rotation

« Les prêts hors livres représentent 36 % des prêts pour les bibliothèques de 100 000 habitants et plus contre 19 % pour les bibliothèques de moins de 5 000 habitants.” (p. 46)

“Au-delà de cet indicateur global, il est intéressant de décrire dans le détail les types de documents prêtés. En 2012, on peut estimer que les documents vidéo et documents sonores représentaient chacun 10 % des prêts des bibliothèques, les publications en série imprimées 6 %. Le livre électronique demeure marginal. Ces résultats sont identiques à ceux de 2010 et 2011.”

Pour les bibliothèques, chaque livre imprimé est prêté en moyenne 1,4 fois par an. Les documents sonores sont prêtés un peu plus souvent, avec une moyenne annuelle de 2,1 prêts par an. La rotation des fonds vidéo est encore beaucoup plus forte avec une moyenne de 5,9 prêts annuels par vidéo disponible. Pour les points d’accès au livre, chaque livre imprimé n’est prêté en moyenne qu’une seule fois par an. Les documents sonores et les documents vidéo connaissent des rotations plus importantes que dans les bibliothèques, avec respectivement 4,2 et 8,8 prêts par an. Avec des fonds multimédia plus réduits, les points d’accès au livre connaissent des taux de rotation de ces supports entre 1,5 et 2 fois plus élevés que ceux observés pour les bibliothèques. (p. 48)

La répartition des types de prêts décrite précédemment cumule des établissements disposant par exemple ou non d’un fonds de documents vidéo. On doit alors s’interroger sur l’impact de la présence d’un fonds de documents vidéo ou de documents sonores sur la structure des prêts. [...]
Il semble [...] qu’il n’y ait pas de substitution entre les livres d’une part et les CD et vidéo d’autre part, mais bien complémentarité. Les documents sonores et vidéo viennent renforcer le nombre d’emprunts annuels. Par ailleurs, le fait d’offrir la possibilité d’emprunter des documents sonores ou vidéo permet de conquérir de nouveaux inscrits. On estime ainsi ce gain de public à +28 % d’inscrits. Pour les premières bibliothèques mentionnées précédemment, on comptabilise 23 inscrits pour 100 habitants alors que ce ratio est de 18 pour les secondes. (p. 49)

Evolution des prêts

“En valeur absolue, le nombre de prêts de livres par les bibliothèques évolue assez peu et de manière erratique. En 2007, une bibliothèque réalisait en moyenne 24 100 prêts de livres. En 2012, ce résultat s’établit à 24 900 prêts de livres. Les prêts en-dehors du livre se placent dans une dynamique marquée de croissance. En 2007, une bibliothèque connaissait en moyenne 7 500 prêts hors livres, en 2012 ce chiffre est 32 % plus élevé pour atteindre 9 900 (ces données moyennes intègrent les établissements ne disposant pas d’un fonds autre que le livre).”

“Le nombre moyen de livres annuellement empruntés par emprunteur était, pour les bibliothèques, de 23,3 en 2007. En 2012, ce nombre moyen est de 25,3 (soit +4 %) Cette progression permet d’endiguer la baisse du nombre d’emprunteurs et indique qu’en volume, le nombre de prêts de livres augmente (+3,2 % entre 2007 et 2012). En revanche, le ratio du nombre de prêts pour 100 habitants est en recul, passant de 376 en 2007 à 363 en 2012.”

“Sur la même période 2007-2012, le nombre de documents prêtés en dehors du livre a connu une croissance, en volume de +32 % pour les bibliothèques. La part de ces prêts de documents vidéo, documents sonores et autres est passée de 24 % en 2007 à 28 % en 2012. Là encore, il s’agit d’une tendance lourde qui permet d’assurer une croissance des volumes totaux de prêts (livres et hors livres) de +10 % pour les bibliothèques entre 2007 et 2012. Sur cette même période, les points d’accès au livre ont connu pour leur part une baisse de -3 % de leur volume total de prêts. Cette tendance décrite sur la période 2007-2012 est en fait composée de deux phases distinctes, avec une lente croissance entre 2007 et 2010 puis, à partir de 2011, une accélération très vive.” (pp. 78-79)

Tableau récapitulatif

Principaux indicateurs descriptifs de l’activité des bibliothèques et des points d’accès au livre en 2012, valeur moyenne par établissement et valeur extrapolée (p. 84)

 

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2. Dépôt légal des documents sonores

La BnF a pour mission de collecter au titre du dépôt légal, les documents imprimés, graphiques, photographiques, sonores, audiovisuels, multimédias

Dépôt légal des enregistrements sonores : titres de phonogrammes déposés à la Bibliothèque Nationale de France

2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013
12031 17491 13398 11372 11727 9885 10093 10253 10006 9555 14669 12505

Source : BnF/DEPS : Disques chiffres clés 2013 (pdf)

« Dépôt légal 2013 : Bien qu’en baisse par rapport à 2012, le nombre de dépôts reste élevé (12 505 documents) et supérieur aux chiffres des années précédentes. L’édition sur support se maintient donc encore. [...]  Le nombre de déposants reste quant à lui élevé (860) confirmant ainsi la dispersion de la production [...]. BNF, Le Petit Prospecteur, N° 21, Mai 2014.

BNF : L’Observatoire du dépôt légal : reflet de l’édition contemporaine
Audiovisuel – Indicateurs du dépôt légal 2012 [fichier .xls – 197 Ko – 02/07/13] :

Rapports annuels :

Articles sur le sujet :

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3. Le marché de la musique enregistrée

I. Les chiffres du SNEP – En France

Le marché de la musique enregistrée – Bilan 2013 du Syndicat National de l’Edition Phonographique (3 février 2014)
http://www.snepmusique.com/actualites-du-snep/le-marche-de-la-musique-enregistree-bilan-2013/

Economie de la Production Musicale – Edition 2014 (16 juin2014)
http://www.snepmusique.com/actualites-du-snep/economie-de-la-production-musicale-edition-2014/

Composition du marché 2013

Dossier-presse-MIDEM-2014 (pdf)

Millions d’euros 2012 2013 Evolution
Marché physique 363.7 367.4 +1%
Marché numérique 125 125.8 +0.6%
Droits Voisins 101 110 +9%
TOTAL MARCHÉ 589.7 603.2 +2.3%

Chiffres 2013 (en milliers d’euros)
Total du marché physique : 367 444 (74,5%)
Total du marché numérique : 125 793 (25,5%) dont :

  • téléchargement : 62 721 (12,71%)
  • téléphonie mobile 8 998 (1,82%)
  • streaming : 54 074 (10,96%)

En 2013, le marché physique représentait encore 74,5% du marché de la musique enregistrée, la part de marché du téléchargement et du streaming étaient respectivement de 12,71% et de 10,96%.
Total du marché 493 237 (100%)

Evolution de la valeur du marché de la musique enregistrée : 2002-2013

Musique enregistrée 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013
Physique 1302 1112 953 935.2 819.2 662 530.1 512.1 466.4 412 364 367
Numérique 0 0 9 30.7 43.5 50.8 77.2 75.8 88 111 125 126
Total 1302 1112 1062 965.9 862.7 713 607 589 554 523 489 493

II. Les chiffres de l’IFPI – International

Fédération internationale de l’Industrie phonographique http://www.ifpi.org/

Les marchés de la musique, parts de marché de la musique enregistrée : physique / numérique (chiffres 2012)

Marché Physique Numérique Droits voisins
Chine 18% 82% N/A
Inde 31% 60% 7%
Suède 32% 59% 8%
Etats-Unis 34% 58% 4%
Norvège 31% 57% 11%
Australie 45% 47% 6%
Canada 48% 43% 7%
Corée du Sud 55% 43% 2%
Royaume Uni 49% 39% 10%
Mexique 63% 35% 1%
Suisse 61% 32% 7%
Brésil 62% 27% 9%
Italie 62% 27% 9%
Pays-Bas 58% 27% 14%
Espagne 53% 27% 19%
France 64% 23% 11%
Autriche 65% 21% 13%
Allemagne 75% 19% 5%
Belgique 64% 18% 17%
Japon 80% 17% 2%

source : Music markets, with total retail value, and share of Physical, Digital records, 2012, Music industry ( IFPI 2012 annual report published in 2013)Wikipédia

Si le marché de la musique enregistrée a basculé nettement du côté du numérique aux Etats-Unis (58%) et dans les pays scandinaves, ce n’est pas encore le cas notamment en Italie, en Espagne, en France, en Allemagne et au Japon.

« Despite the overall transition to digital, physical music sales still account for a major proportion of industry revenues in many major markets. » Malgré la transition globale vers le numérique, les ventes de musique physique représentent toujours une part importante du chiffre d’affaires de l’industrie dans de nombreux grands marchés. IFPI DigitalMusic Report 2014 (source)

III. Ministère de la Culture et de la Communication, Département des études, de la prospective et des statistiques

Etudes et statistiques : Économie des filières d’industries culturelles
> Disques : chiffres clés 2013 (pdf)

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4. Pratiques culturelles : l’écoute de la musique et les pratiques musicales en amateur

I. Les pratiques culturelles des français : enquêtes 1973, 1981, 1988, 1997, 2008

http://www.pratiquesculturelles.culture.gouv.fr/

Evolutions 1973-2008 :

  • Écoute quotidienne de musique (pdf) : 34 % des français de plus de 15 ans écoutaient de la musique tous les jours en 2008, pour seulement 9% en 1973
  • Pratiques musicales en amateur (pdf) : 8 % des français de plus de 15 ans ont fait de la musique ou du chant dans un organisation ou avec des amis dans les 12 derniers mois en 2008, pour seulement 5% en 1973

Les pratiques culturelles des Français à l’ère numérique : Éléments de synthèse 1997-2008 (pdf)

p. 4 :
« 34% des Français en écoutent tous les jours ou presque (hors radio) contre 27 % onze ans plus tôt. Le boom musical amorcé dans les années 1970 s’est poursuivi et ses ondes de choc ont continué à se propager dans la société française avec l’avancée en âge des générations qui l’ont porté. En devenant numérique, la musique a encore gagné en accessibilité : les nouvelles possibilités de stockage, d’échange, ou de transfert d’un support à l’autre ainsi que la multiplication des supports d’écoute, du téléphone portable à l’ordinateur en passant par le lecteur mp3, ont favorisé une intégration toujours plus grande de la musique dans la vie quotidienne, au domicile mais aussi pendant les temps de transport et pour certains le temps au travail. »

p. 5 :
« La progression de l’écoute fréquente de musique s’accompagne en effet d’un profond renouvellement des préférences musicales, du fait de l’émergence régulière de modes d’expression jeunes que les générations n’abandonnent pas en vieillissant. L’une des expressions de cette mutation qui court maintenant depuis plusieurs décennies : plus on est jeune, plus la préférence pour la musique anglo-saxonne est marquée. »
Incontestablement,ces résultats traduisent un puissant effet générationnel : depuis maintenant plusieurs décennies, les jeunes voyagent plus que ne le faisaient leurs aînés, ils sont plus nombreux à avoir vécu à l’étranger, à écouter de la musique anglo-saxonne ou à regarder des séries américaines en version originale. »

****

Approche générationnelle des pratiques culturelles et médiatiques, Département des études, de la prospective et des statistiques 2007-3 – juin 2007 :
http://www2.culture.gouv.fr/culture/deps/2008/pdf/Cprospective07_3.pdf

« L’analyse rétrospective qui a été menée sur une dizaine de pratiques culturelles et médiatiques confirme la nature générationnelle de la plupart des évolutions constatées depuis le début des années 1970 :
qu’il s’agisse de la progression de la culture de l’écran, de la généralisation de l’écoute de musique enregistrée ou de la baisse de la lecture de quotidiens ou de livres, à chaque fois les changements ont été initiés par une génération nouvelle, avant d’être poursuivis et amplifiés par les suivantes. Tout laisse à penser par conséquent que les profondes mutations aujourd’hui à l’œuvre risquent de s’amplifier dans les quinze années à venir en liaison avec le renouvellement des générations.”

pp. 19-20. :
« L’écoute de musique enregistrée
Depuis le début des années 1970, l’écoute de musique enregistrée, définie comme le pourcentage de la population en écoutant tous les jours, a connu une impressionnante montée en puissance : alors que cette pratique ne concernait en 1973 que 9% de la population de manière régulière, elle touche 33% de la population totale en 2003 !
L’écoute de la musique enregistrée a toujours été considérée comme une pratique typique des jeunes, et à juste titre : les 15-24 ans apparaissent lors de chaque enquête toujours plus nombreux à en écouter que ceux de la tranche d’âge suivante. De fait, l’analyse des différentes variables explicatives fait systématiquement ressortir la variable « âge » comme la plus déterminante. »
[...]
L’écoute de la musique enregistrée bénéficie d’un net effet générationnel positif. A vingt ans, 20% des membres de la génération Mai 68 écoutaient quotidiennement de la musique, ils sont 66% à le faire dans la génération 11 septembre.
[...]
Remarquons enfin que l’écoute de la musique enregistrée est une pratique générationnelle « pure » et extrêmement robuste, dans la mesure où le même phénomène générationnel positif reste observable de manière toujours aussi marquée quel que soit le sous-groupe sociodémographique considéré : bas ou haut diplômés, hommes ou femmes, Parisiens ou provinciaux, célibataires ou en couple.

II. Statistiques sur l’enseignement spécialisé de la musique et la pratique musicale en amateur

La fiche pratique de la médiathèque de la Cité de la musique qui fait référence à une étude du DEPS :
L’enseignement spécialisé de la musique, de la danse et de l’art dramatique en 2008-2009, Département des études, de la prospective et des statistiques (Culture chiffres : transmission et légitimation – 2010-4). (pdf)

voir aussi : Le marché des instruments de musique : une facture bien réglée, IRMA, [màj] 21/07/2011
http://www.irma.asso.fr/LE-MARCHE-DES-INSTRUMENTS-DE

15 Commentaires

  1. Fabien Ratz dit :

    Un dossier qui tombe à point nommé après le « billet » de Silvère Mercier. Un grand merci pour ce travail !

    Répondre
  2. Nathalie dit :

    Oui, un grand merci pour cette synthèse.

    Répondre
  3. Maïté dit :

    Félicitation pour ce dossier particulièrement intéressant.

    Répondre

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La musique est un langage universel propre à attirer et à fédérer tous les citoyens, indépendamment de leurs origines et de leurs catégories socioprofessionnelles. Si l'écoute et la pratique musicale ne cessent de se développer dans le monde, en revanche la culture musicale est trop souvent négligée au niveau institutionnel en France, excepté dans de rares circuits, et n'a jamais été prise en compte par des acteurs économiques davantage préoccupés par la rentabilité de leurs investissements que par la diversité musicale.

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