Sunday 17 Dec 2017

ETS 2017, la playlist proposée par l’ACIM « La musique boit mes pensées »


Une playlist réalisée par Arsène Ott
Sur sollicitation de l’INET-CNFPT (Institut National des Etudes TerritorialesCentre National de la Fonction Publique Territoriale), l’ACIM propose un fil musical pour accompagner les participants de la prochaine édition 2017 des ETS (Entretiens Territoriaux de Strasbourg). Ces rendez-vous programmés les 6 et 7 décembre, véritable lieu de construction d’une intelligence territoriale collective auront pour thème : « Équipes créatives pour collectivités en mouvement ».
https://www.inet-ets.net/  twitter : #ETS2017 @ETS_INET

« Vous savez que la musique m’hypnotise, elle boit mes pensées » (Maupassant)
Evidemment, il serait illusoire de vouloir exprimer en musique ce que les ETS proposeront en mots, notions, concepts, échanges ou débats.
Les points de contact que l’on pourrait imaginer entre les morceaux de cette playlist et la thématique des ETS 2017 (« Équipes créatives pour collectivités en mouvement ») seraient cependant à chercher dans :
– les conditions de productions d’une oeuvre (par ex. l’interaction entre individus ou collectifs, la façon dont la contrainte ou la limite peuvent être source d’invention ou de création…) ;
– les rencontres et confrontations entre créateurs ou interprètes (la pluridisciplinarité est notamment un des défis de ces journées professionnelles) ;
– les changements de perspective apportés à une oeuvre musicale en créant un décalage de style ou de distribution instrumentale ;
– la façon dont une oeuvre, un titre peut entrer en résonance avec ce que nous sommes en train de vivre.

Au bout du compte ce sont les auditeurs qui font la musique de la même façon que « Ce sont les regardeurs qui font les tableaux” (Marcel Duchamp).

Ecouter de la musique c’est aussi accepter de lâcher prise, afin de laisser baguenauder nos pensées au gré de notre partition intérieure. Et pourtant l’écoute musicale n’a rien de passif, elle peut même être fatigante tout comme une visite de musée, ainsi que Paul Weyne nous le rappelait dans son Musée imaginaire, car l’écoute nous sollicite sur des plans multiples : on peut glisser d’un moment de rêverie à un exercice de compréhension qui sollicite toute notre attention.
Nous pouvons ainsi :

  • reconnaître un genre musical, des airs ou des passages musicaux, avoir le sentiment d’un « déjà vu » ou « déjà entendu », ;
  • confronter des interprétations ;
  • établir des liens avec des oeuvres déjà connues ;
  • identifier les décalages avec des formes canoniques, les mélanges ;
  • être surpris par quelque chose d’inouï ou d’inédit, et ne pas savoir à quoi le rattacher (style, époque, instrument…) ;
  • créer de nouveaux points de contact ou d’attachement vers d’autres oeuvres déjà connues…

La formation du goût musical est une expérience plurielle (« pluriel » il s’agit là d’un mot issu du glossaire des ETS).
C’est ce côté « omnivore » de la pratique culturelle qui nous conduit à passer d’une oeuvre à l’autre, du familier à l’inconnu.

L’écoute de certaines œuvres musicales (contrairement à bien d’autres formes artistiques) peut prendre un caractère répétitif, voire obsessionnel, sans rien enlever au plaisir que l’on en tire. Cependant chaque morceau de musique porte en lui cette tension qui invite à d’autres écoutes. C’est pourquoi demander à une personne de choisir le disque qu’elle pourrait emporter sur une île déserte relève plus de la torture que d’un sentiment de béatitude, car à l’exiguïté de l’espace se rajouterait celles de la pensée et de l’émotion.

Ce qui fait la force d’une oeuvre musicale vient précisément de notre capacité à la rattacher à autre chose : un courant musical, une sonorité, un phrasé, et pourquoi pas à un moment de notre vie. C’est à travers tous ces fils tendus qu’elle finit par exprimer toute sa singularité.
Une playlist peut ainsi être une sorte de gare d’aiguillage ou chaque morceau peut déboucher sur de nouvelles écoutes pour peu que l’on cherche à en savoir un peu plus sur un musicien, un style ou un instrument de musique. Tout cela est à portée de clic ou de discussion.

Il nous reste à vous proposer une très bonne écoute !
Arsène Ott

***

La musique donne matière à penser sur la pratique professionnelle : sur la part de l’individu et du collectif, la coordination, l’harmonisation, mais aussi la dissonance à écouter et à entendre. Les verbes « écouter », « entendre », « s’entendre » portant de lourdes charges sémantiques (de l’attention à la concertation, en passant par la compréhension).

Dans cette confrontation des styles, des discours et des intentions, la playlist créée également du sens dans l’agencement des œuvres qu’elle propose à l’écoute. Voir à ce sujet les cours de Pierre-Laurent Aimard au Collège de France consacrés à l’art de composer le programme d’un récital.

Une manière de rebattre les cartes, de décloisonner, et de réinterroger les anthems et les ritournelles. Bonne écoute et bonne entente !

Nicolas Blondeau

Musicalement vôtres,

L’ACIM

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