Friday 20 Oct 2017

Parlez-moi de musique… Atelier n° 4 RNBM 2014 (Rennes)

 

Playliste suggérée par les participants de l’atelier, commentaires et liens vers Spotify pour les abonnés à cette plateforme et/ou vers Youtube

Virgin Prunes – Rhetoric

Une rencontre très forte avec cette musique, ce groupe, avec l’impression que tout un monde musical s’ouvrait / s’offrait à moi…

Steve Coleman – Multiplicity Of Approaches

Steve Coleman and Five Elements – Tehu Seven
En concert. Une forte charge émotionnelle, l’impression d’avoir le souffle court, d’arrêter de respirer, d’être saisi par la musique.

Cocteau Twins – Cherry-coloured Funk

Exemple opposé : suite au concert du groupe, j’ai eu envie de revendre tous ses disques tellement j’étais déçu par la performance et le propos musical.

John Coltrane Quartet – A Love Supreme Part I: Acknowledgement

Suite à nouvelle prise de poste je me suis occupée du fonds musical d’une discothèque, j’avais tout à découvrir, en particulier dans le domaine du jazz. Le plaisir / le bonheur de commander de nombreuses références incontournables, que j’écoutais au fur et à mesure des réceptions, puis ce saisissement en écoutant l’album A love supreme… Une révélation ?

Genesis – Get ‘Em Out By Friday – 2008 Digital Remaster

Difficile à expliquer, mais ce morceau a enclenché chez moi toute une sucession d’écoutes musicales.

Ange – La Bataille De Sucre / La Colère Des Dieux

Atmosphère un peu particulière : un professeur de français au collège demande aux élèves de ma classe d’apporter en cours les disques de leurs musiques ou chanteurs favoris… On passe en revue les albums de variété de l’époque, puis un saisissement : Ange, c’était quelque chose que je n’avais pas encore entendu, que je n’imaginais pas. L’impression, que cette musique (étr)ange s’adressait à moi.

Ewan MacColl – Dirty Old Town

Dirty Old Town. Comme pas mal de gens, j’ai découvert ce morceau par le biais des Pogues et des Dubliners. Dans un ordre où l’autre,au final peu importe. Forcément, ce morceau était irlandais. Il ne pouvait en être autrement, après tout il ne me semblait pas qu’il puisse exister autre chose que la tradition irlandaise de l’autre côté de la Manche.
Vers 2005 commence un voyage musical initiatique à travers l’histoire et la géographie du folk. Point de départ : Dylan. J’écoute, je lis, je cherche. Coup de bol, le documentaire de Scorcese sort à ce moment-là. Rapidement, quelques noms émergent de ces recherches. Deux en particulier retiennent mon attention : Woody Guthrie et Pete Seeger. Rebelote. Ecoutes, lectures, recherches. Première leçon : ce genre ne date pas des années 60, pas même des années 30. Deuxième leçon : pour chercher la source, il va falloir traverser l’Atlantique et dépasser la Mer d’Irlande. Troisième leçon : ce genre n’est pas un genre, c’est un monde, un univers à part entière.
Assez vite, je tombe sur un nom qui revient régulièrement : Ewan MacColl. Qui est-il ? Qu’a-t-il fait ? Pourquoi vois-je son nom à longueur de temps ? Je plonge alors dans la vie, l’oeuvre et la discographie d’un homme qui fût considéré par beaucoup comme une des personnes la plus important de la culture britannique du XXe siècle. Né en 1915 à Salford, banlieue de Manchester et la ville la plus pourrie d’Angleterre, et mort en 1989, léguant une contribution extraordinaire. Ce type a révolutionné le théâtre anglais avec Joan Littlewood des années 30 à 50. Il a lancé le British Folk revival avec A.L. Lloyd et Alan Lomax au milieu des années 50. En dehors d’être un grand interprète de ballades traditionnelles, il a écrit plus de 300 chansons dont une bonne partie sont toujours chantées, enregistrées et qui, pour certaines, sont littéralement entrées dans la tradition. Enfin, son implication dans les luttes sociales et politiques anglaises s’étalent sur une soixantaine d’années. En bref, il a bien vécu.
Mais revenons à nos moutons, en l’occurence « Dirty Old Town ». Ce plongeon dans le folk revival anglais, écossais et irlandais apporte à mes oreilles un nombre incalculable de versions de cette chanson. J’apprends rapidement qu’elle a été écrite par ce fameux MacColl. Un peu plus tard, je découvre l’origine même de cette chanson. A la sortie de la Seconde guerre mondiale, Joan Littlewood et Ewan MacColl fondent le Theatre Workshop. MacColl écrit et joue, Littlewood met en scène. En 1949, pour une pièce intitulée à l’origine « Landscape with chimneys », Littlewood a besoin d’une chanson pour servir de transition entre deux scènes. Ni une, ni deux, le barbu pond « Dirty Old Town ». Comme son nom l’indique, « Landscape with chimneys » abordait la question des villes industrielles. Après tout, Manchester a été le berceau de la Révolution industrielle. C’est surtout une région sale, insalubre et pauvre. En particulier Salford. Ville britannique avec le plus fort taux de criminalité, ce n’était pendant une moitié du siècle qu’un ensemble de taudis et de canaux pollués. Un bien bon décor. Pour l’anecdote, dans les paroles originales, il était question de « smell the spring on the Salford wind ». Le City Council appréciait peu la référence et « Salford » s’est transformé rapidement en « smoky », ce qui pour le coup a rendu cette chanson universelle. Cinq ans plus tard, MacColl l’enregistre une première fois pour Topic Records.
En 2009, Topic célèbre leurs 70 ans. A cette occasion sort un coffret retraçant l’histoire du label. La version de 1954 est incluse. Si j’avais déjà écouté des versions ultérieures enregistrées par MacColl dans les années 70 et 80. J’avais là l’occasion d’entendre la première, celle qui a circulé dans les vertes années du British Folk revival pour en faire un classique puis un traditionnel. Je l’ai écouté. Une fois. Puis une deuxième. Puis une troisième. Puis une dixième. Je n’arrivais pas à m’en décrocher. Je touchais à ce moment précis à la quintessence de cette chanson, à ce qu’elle voulait dire, à son sens, une charge émotionnelle magistrale, où un homme te susurre à l’oreille comment son adolescence était pourrie mais où l’on s’aimait entre un mur d’usine et un canal rempli de déchets toxiques, et non pas une simple chanson de bar qu’on gueule en buvant des coups avec ses potes.

Itzhak Perlman/Philharmonia Orchestra/Carlo Maria Giulini – Concerto for Violin and Orchestra in D major, Op. 61: First movement: Allegro ma non troppo (Cadenza by Kreisler)

En général, j’avais le sentiment de rester prisonnier de l’interprétation par laquelle j’avais pu découvrir une oeuvre classique, ici tout d’abord celle d’Itzhak Perlman, puis un jour j’ai entendu la version d’Hilary Hahn du rondo du concerto pour violon de Beethoven et cela a bouleversé l’ordre des choses, ouvert un nouveau monde d’émotions et de sentiments autour d’une oeuvre qui m’avait semblé à jamais familière.

Dead Kennedys – Holiday In Cambodia

Je ne sais plus si c’est au sujet de ce disque que le commentaire avait été fait : un soir au cours d’une soirée, je note l’impression originale qu’un des invités porte sur son teeshirt… Derrière le graphisme étrange tout un univers musical s’ouvre à moi.

Gong – Chrysler Rose

Du rôle et de l’importance d’une pochette : ce disque dans le bac à 33t du disquaire a saisi mon regard, pochette sobre en papier gaufrée, alliant un dessin sobre d’un jeune enfant d’une grande douceur… Derrière la pochette une musique singulière et déjantée, jazz rock psychédélique ?

Pinback – Tripoli

De la même manière l’esthétique (pochettes / graphiques) liée au groupe Pinback, a été comme un fil conducteur à travers le label pour reconnaître les musiques que je pouvais aimer.

Joy Division – Atmosphere

« Atmosphere » de Joy Division, à la suite d’échange autour du graphisme des pochettes de disque.

J’ai ainsi évoqué Factory Record, label de Joy Division, et l’importance de l’esthétisme apporté aux pochettes de disque par les différentes graphistes de ce label (Peter Saville pour les disques de New Order et Joy Division, Central Station Design pour Happy Mondays, Ben Kelly, Trevor Johnson…).

Le travail des graphistes m’a particulièrement marqué quand j’ai découvert les albums du label.

Link Wray & His Ray Men – Rumble (Original Single Version)

Toute la force, la violence et l’énergie présente et concentrée dès les origines dans la guitare de Link Wray

Dinah Washington / Max Richter – This Bitter Earth / On The Nature Of Daylight

Ce morceau fait partie de l’exit music de la BOF du film de Martin Scorcese Shutter Island. Si le film m’a laissé une impression assez mitigée, je suis resté scotché dans mon fauteuil à l’écoute de ce morceau. En fait il s’agit d’un arrangement de Robbie Robertson, qui a superposé 2 pièces musicales issues d’esthétiques radicalement différentes, enregistrées à presque 50 ans d’intervalle, mais qui dans cette nouvelle version plonge les paroles de Dinah Washington dans un abîme de sentiments et de désarroi.
Discussion sur la place toute particulière de la musique de film, où le spectateur écoute et découvre des oeuvres sans préjugés de genre, style, époque, artiste ou interprète.

Daniel Janin – Ophis Le Serpentaire

Complément d’info : « Ophis le Serpentaire » de Vincent Geminiani. Style : library music (ou illustration sonore), un genre que m’avais fait découvrir un ami disquaire à la tête d’une belle collection de ce style (labels KPM, Telemusic, Chapell ou dans notre cas le label Musique Pour L’Image ». )
Le disque est sorti une première fois en 1970 sur le label Concert Hall (pochette furieusement seventies, col roulé acrylique orange) et réédité deux ans plus tard sur Musique Pour L’Image avec une superbe et énigmatique illustration en noir et blanc !
Le titre même a été réédité sur l’anthologie « Mélodie en soul-sol » , aux côtés d’autres perles de la library music française dont les mythiques Daniel Janin et Jean-Claude Pierric ! (à la tête du label low price Les Tréteaux, les deux compères supervisaient des compilations de hits en versions « cover » et s’arrangeaient pour placer leurs compositions en fin de face, des instrumentaux funky aujourd’hui samplés par le milieu hip-hop).

Infos biographiques sur cet étrange monsieur Geminiani : http://www.discogs.com/artist/15504-Vincent-Geminiani
Et pour le son : https://www.youtube.com/watch?v=StlAtMwem8g

De Kift – Knoeck (commentaire oublié ?)

Compléments (oeuvres ajoutés à liste / hors atelier) :
Sir Georg Solti – Prelude – Langsam und smachtend

Une musique entendue la première fois, dans ma prime jeunesse, ciné club du vendredi soir, les parents sont couchés, à l’écran l’oeuvre et les personnages au destin tragique de Chabrol, son film « Les cousins », et derrière les images et les paroles la BOF avec par moments des extraits du prélude de Tristan et Isolde de Wagner, là aussi un saisissement difficile à cerner, est-ce l’émotion des images ? du moment ? de la musique ? En tout cas c’est la première fois qu’une oeuvre de musique classique a une telle emprise sur moi.

Végh Quartet – Grosse Fuge in B flat major, Op. 133

Un soir chez moi, conversation amicale, avec en bruit de fond la radio (France Musique ?), la conversation suit son cours jusqu’au moment où la Grande fugue est interprétée sur les ondes, je reste suspendu à la radio jusqu’à la fin de morceau impatient et inquiet à l’idée de ne rater le moment où le présentateur donnera le nom de l’oeuvre. A tous les coups une pièce contemporaine, mais laquelle ? Au final, il s’agit de Beethoven, grande surprise et surtout, c’est de ce moment que date mon insatiable curiosité pour ce genre si particulier : le quatuor à cordes.

Merci de noter que l’enregistrement de l’atelier n’ayant pas pu être exploité, les commentaires sont restitués de mémoire et peuvent dans certains cas être approximatifs ou décalés.

Pour tout ajout ou modification de la playliste merci de me contacter :
ao.acim@gmail.com

Nota bene
Pour les abonnés à Spotify la playliste est accessible sous :

4 Commentaires

  1. Martine Lebon says:

    Merci!
    De Montréal (Canada)

    Répondre

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