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Musique en Bibliothque : quels media, quels futurs ?

Journe d’tudes de VDL Rilleux-la-Pape

jeudi 28 avril 2005, par La Rdaction

Ce Lundi 29 Novembre 2004, bravant bouchons et intempries, les membres de l’association VDL (Vidothcaires et Discothcaires du Lyonnais) se retrouvrent en banlieue Lyonnaise Rillieux-La-Pape pour leur XIme journe d’tude intitule « Musique en Bibliothque : quels media, quels futurs ? ».

Une grand messe rgionale et professionnelle consacre cette anne au devenir du mtier face la rsurrection de ce vieux serpent de mer qu’est la dmatrialisation des supports enregistrs.

Articule autour de deux tables rondes -l’une en matine prsentant un tat des lieux de l’offre (des majors aux indpendants) partant de la rcente volution dans la concentration du march de l’dition musicale, l’autre l’aprs-midi abordant le dfi de la diversit dans la constitution des collections ainsi que l’volution des services.

La thmatique de cette journe de rflexion avait pour point de dpart la problmatique actuelle du piratage musical via la copie du CD audio ou plus encore le tlchargement sauvage sur l’Internet et ses consquences sur le march de la musique donc au sein de notre profession.

Introduction

Aprs le traditionnel petit djeuner d’accueil, convivial et chaleureux comme l’accoutum, c’est monsieur Jacky Darne, maire de Rillieux la Pape, qui introduit cette journe par une prsentation rapide de sa ville (30 000 habitants, population trs diversifie recouvrant pas moins de 70 80 nationalits) avec une judicieuse rflexion sur les enjeux culturels d’une ville comme la sienne o la bibliothque joue un rle important dans la cohsion sociale en soulignant plus gnralement le rle fondamental de la lecture publique dans ce genre de contexte. Il voque les controverses autour du phnomne du piratage, rappelle Beaumarchais au passage, et remarque la tendance de plus en plus forte en la matire pouser les normes du droit anglo-saxon. Il salue enfin Annie Ribery, responsable des Affaires Culturelles Rillieux, Patrick Bazin, directeur de la Bibliothque de la Part-Dieu Lyon, ainsi que les diffrentes personnalits prsentes.

La parole est ensuite donne Gilles Lacroix, conseiller pour le livre la DRAC, qui traditionnellement ouvre chacune des rencontres organises par VDL. Au nom du Ministre de la Culture, et en rfrence aux propos de Jacky Darne, il constate que « les lus ont normment de choses dire aux techniciens ». Il s’emploie rappeler que Jean Gattgno, il y a plus de vingt ans, a voulu cette politique des bibliothques et mettre l’accent aujourd’hui sur une tendance nouvelle et importante dans la profession : une vritable reconnaissance du non-livre ( travers le CNL notamment qui offre maintenant des subventions jusqu’ 10% de non-livres).

Il apparat que 50% des tablissements de lecture publique sont dsormais quips d’un fonds musical. D’aprs une enqute de Livre hebdo, il ressort que le taux de rotation des supports audiovisuels (DVD, vidos et CD) est plus important que celui des imprims et les prts audiovisuels reprsentent 36% de l’ensemble des prts pour un fonds de 12% seulement de l’ensemble du fonds documentaire. Une question se pose alors qui fera partie des interrogations de cette journe : faut-il rorienter nos choix ?

Toutefois Monsieur Lacroix insiste avec optimisme sur le fait que nous sommes confronts durement et depuis longtemps aux mutations auxquelles nous avons toujours su nous adapter et que nous avons toujours su intgrer nos comptences et missions. La possible dmatrialisation du support semble n’tre pour l’heure qu’une tape supplmentaire laquelle il convient tout de mme de se prparer.
Chaque discothcaire doit tre la fois un bon gnraliste et le spcialiste d’un domaine, il est, plus que tout autre partenaire de la Bibliothque, sujet l’ventuelle dmatrialisation des supports.

Etat des lieux de l’dition musicale

On en vient alors la table ronde proprement dite, la premire de la journe, concernant l’tat des lieux de l’dition musicale et ses incidences sur le march de la musique
Et qui runit des reprsentants indpendants de Jungle production / Musiques indpendantes, Pages et images, Alternative distribution ainsi que Gilles Tordjman du magazine Vibrations. Christian Massault, prsident de VDL (Vidothcaires et Discothcaires de la Rgion Lyonnaise) et reprsentant du centre de formation rgional MEDIAT en assure la modration.

Monsieur Massault souligne le franchissement en 2002 de la barre symbolique des 50 % de prsence de « discothques » dans les tablissements de lecture publique, remarque que La vido est 30 % et constate l’indiffrence des majors la problmatique de la diffusion de la musique en bibliothque (au contraire de la vido) traduit par la difficult et l’impossibilit de faire participer la table ronde des majors de la distribution ou des producteurs dont le point de vue aurait t enrichissant. C’est l’occasion de rappeler ou d’informer que les diteurs indpendants reprsentent 65 % des parutions, pour 3% du chiffre d’affaire global.

Gilles Tordjman, du magazine Vibrations prend alors la parole et donne un panorama sur l’dition musicale en France. Il s’appuie sur les chiffres de l’Observatoire de la Musique (Cit de la Musique). Le Cd a vu une chute de 10,7 % en volume, de 12 % en valeur (-20 % pour les Musiques du Monde, -17 % pour les « varits internationales » - ces deux derniers chiffres en volume). Le DVD reprsente 4 % en volume.

Pour autant la musique en ligne n’est pas une pratique courante. Elle ne reprsente, en effet, que 0,1 % du march et le tlchargement est une pratique encore trs peu rpandue. Le Cd aurait donc encore quelques beaux jours devant lui, malgr les dveloppements techniques galopants (notamment le procd MP3) Il va cohabiter avec le DVD et l’coute en ligne, d’autant que pour l’instant, il reste en tte pour la qualit d’coute.
La perte totale est donc moins alarmante qu’annonce. Gilles Tordjman constate que l’inquitude et la culpabilisation est entretenue par les majors, alors que le tlchargement est marginal.

Des diffrents changes qui s’ensuivent, il ressort que le projet de vente musicale "MP3" en format protg est peut-tre le tournant saisir actuellement. Les Mdiathques deviendraient un relais primordial pour les producteurs indpendants qui souffrent actuellement d’une profusion tous azimuts. D’autre part, la gnralisation des marchs publics est trs souvent un obstacle la diffusion des petits producteurs qui n’ont pas les moyens de s’aligner. Il faut savoir que la passation d’un march avec appel d’offre n’est obligatoire qu’ partir d’un budget de 90 000 €. De plus, un march peut se ngocier intelligemment par le systme des lots. S’il est contraignant, il permet aussi de dterminer prcisment les spcificits de chaque lot (ex. : suivi des petits labels). Le cahier des charges permet au fournisseur de se situer par rapport nos besoins. Si un fournisseur indpendant correspond au profil, tant mieux !

Nanmoins, attention, il semble que dans la pratique, les diteurs indpendants passent aprs les autres, nous d’tre plus exigeants ! En effet les petits diteurs et producteurs restent parmi nos fondamentaux dans la mesure o ils ont une souplesse que les majors n’ont pas. Ils peuvent facilement contacter un petit label et l’ajouter leur catalogue. Leur rle est de dcouvrir de nouveaux talents et d’encourager la cration musicale hors des critres standardiss, sans oublier qu’ils sont souvent de prcieuses aides en matire d’animations dans le cadre, entre autres, de spectacles vivants.

Lorsqu’il s’agit de dresser des perspectives, il apparat rapidement que l’on s’achemine vers un support unique, quel que soit le contenu. Le mdiateur (bibliothcaire spcialiste du livre ou de audiovisuel) aura plus que jamais un rle de conseil, tant pour l’accs l’information que pour la connaissance de ses contenus.
Attachons-nous diffuser du contenu et non du contenant et en maintenir la diversit et la facilit d’accs, telle est notre mission !

La musique numrise va permettre de rcuprer des enregistrements sur vinyles (d’aprs des initiatives prives) et de sauver quelques œuvres parmi nombre de disparues des catalogues.
Par rapport aux pratiques largement rpandues de piratage de Cd, le discothcaire peut avoir un rle pdagogique, en expliquant le manque gagner de l’artiste. Mais, on peut aussi considrer que tout disque recopi ne correspondrait pas forcment un achat. De plus, copie et achat ne sont pas antinomiques. Pourquoi ne pas envisager comme dans les bibliothques anglaises de proposer des Cd parus depuis plus de 6 mois ? (Bien que ce soit dj souvent le cas dans la pratique, bien malgr nous...).

Enfin la question du droit de prt est aborde, l’occasion pour Michel Sineux de rappeler que ce problme avait dj t soumis au ministre de la Culture par la Discothque de France, l’occasion de l’ouverture de la Discothque des Halles et avait finalement abouti, aprs ngociation avec la SACEM une tarification annuelle pour la sonorisation des espaces, mais laissait en suspens la question du prt des documents sonores.
Mais il n’est pas exclu que la question revienne sur le tapis : suivre...mais pour l’heure cette question met un terme cette copieuse matine.

Politiques documentaires

L’aprs-midi s’ouvre 14h30 sur le second point fort de la journe : la rencontre autour des politiques documentaires. En l’absence de Pascal Wagner et Nicolas Blondeau empchs, se retrouvent autour de la table Michel Sineux tmoin d’une histoire moderne de la documentation musicale, Marc Boilloux de la BPI, Genevive Anstett membre de l’AIBM et Christian Massault de nouveau sollicit pour tre le modrateur de cet atelier de rflexion.
En guise de prambule Michel Sineux voque la question de l’ACIM et de son devenir. Mme si « Ecouter Voir » a cess de paratre pour des raisons conomiques et si la parution trimestrielle annonce n’a pu voir le jour du fait du dsengagement des tutelles, L’ACIM existe toujours. Un nouveau Conseil d’Administration a t lu en 2004, et 2005 doit tre vcu comme une anne de transition destine poser de nouvelles bases saines et solides. Rendez-vous est pris pour une prochaine runion de l’ACIM lors du congrs de l’ABF Grenoble du 16 au 19 Juin prochain. Christian Massault annonce cette occasion la tenue d’un atelier « volution des mdias , volution des services » intgr au programme du congrs, dans le cadre de la 5me dition des Rencontres Nationales des bibliothcaires musicaux qui se droulera aux mmes dates la nouvelle mdiathque Kateb Yacine voisine du centre de congrs. Michel Sineux reprenant la parole essaie de cerner les approches de la politique documentaire musicale. Il relve la difficult rencontre par l’dition phonographique et les contraintes des bibliothques constituer des collections reprsentatives et varies tout en faisant remarquer que la politique documentaire soulve une problmatique complexe. Il faut d’une part, reprsenter dans le temps et l’espace tous les domaines (une histoire et une gographie musicales), et d’autre part, tenir compte des choix du public conditionns par l’offre ditoriale.

La politique documentaire est difficile raliser, plus encore dans le domaine du disque que dans le domaine du livre. La difficult est encore accrue pour la constitution d’une collection raisonne sur le support de musique filme.

Une collection en matire musicale devrait tre reprsentative de ce qu’a t l’histoire des cultures musicales. Elle devrait rassembler des CD, de la musique imprime, des DVD, et tout support documentant la musique. Les publics en sont multiples et il faut sans doute essayer de personnaliser les collections en fonction des bibliothques : centrales (rfrences) et annexes l’image des diffrents quartiers.

Suite l’intervention prsentant le rseau grenoblois (Le CNR fonctionne en collaboration avec 2 bibliothques municipales dans le cadre d’une orientation de ses fonds de partitions vers la musique savante) Michel Sineux resitue la rflexion historique lors de la constitution du fonds de la discothque des Halles pour aboutir une mdiathque musicale s’adressant tous les publics. (La revue « Ecouter voir » est ne dans cet tablissement).

Des exemples montrent que le concept de « mdiathque musicale » s’applique plus aisment dans des villes d’une certaines importance (Paris -Grenoble-Villeurbanne). L’accs aux documents Grenoble est favoris par un catalogue commun, une carte rseau, une politique documentaire concerte (commission musique 1fois/mois impliquant l’ensemble du rseau). Une cartographie des fonds de CD a t faite, en cas de mobilit dans les quipes la responsable coordonne. Il n’y a toutefois pas de document de rfrence crit pour l’instant du fait de la charge de travail actuelle.

Partant de l, s’il apparat plus ais de raliser une politique documentaire en matire de livres que de phonogrammes, c’est chose encore plus difficile quand il s’agit de DVD musicaux, pour lesquels nous sommes encore tributaires d’une production dbutante, alatoire, avec des obstacles juridiques lis aux droits pour le prt et la consultation sur place.

La discussion porte alors sur le mode d’accs, sur le fait qu’il y ait des publics privilgis (professeurs, lves) et une tarification selon leur statut. Il en ressort, que l’exprience du partenariat Grenoble entre la Mdiathque et le CNR repose sur une concertation au niveau des responsables uniquement dans le domaine des livres. Toutefois il est intressant de noter que mme non contractualis, cela fonctionne.

Le modle de Villeurbanne est diffrent, il y a une convention entre les diffrents partenaires qui engage la politique en terme de continuit du service public.

Certains collgues, de villes de moindre importance, expriment la contrainte des interventions de certains lus dans la politique documentaire, un point particulirement sensible qui permet Michel Sineux de rappeler que le regard des lus sur la lecture publique est diffrent suivant qu’il s’agit de livres, ce qui les renvoie la culture, l’information, l’ducation ou qu’il s’agit de « non livre », ce qui les renvoie l’ide de divertissement.

Marc Boilloux conservateur la BPI, responsable de la consultation des documents sonores, prend alors la parole pour faire tat de l’volution de son service.

La BPI est une bibliothque de consultation sur place. A sa cration, on pouvait consulter un fonds de vinyles, puis sont arrivs les CD. Tous les documents concernant la musique sont runis dans un mme lieu dont la frquentation est particulirement intensive. Sont notamment trs coutes les musiques rock et d’Afrique du Nord. Avant 2000, on a constat beaucoup de dgradations et de disparitions dans ces domaines. Entre 2000 et 2004, on a not en moyenne 500 rservations de postes d’coute par jour (60 postes musique et 40 postes vido disposition).
On a donc procd lors de la rinformatisation gnrale de la Bpi en 2000 la dmatrialisation des supports : les CD sont stocks dans des robots, les livrets restant accessibles en bacs. L’usager accde au CD par une interface unique (lecture de code-barres, catalogue...). Environ 40% du fonds de CD est ainsi stock en robot.

C’est un plus grand confort pour l’utilisateur : partir d’un seul poste, il a accs l’ensemble du fonds en robot. Les documents ne sont plus gars (il y avait beaucoup d’erreurs de reclassement aprs utilisation). Le personnel peut passer plus de temps au conseil du public.
Les fonds les moins consults sont accessibles sur les platines traditionnelles.

La Bpi dispose galement d’un abonnement Classical Music Library (1 000€ par an pour 3 licences). L’abonnement ce type de base permet de passer facilement de l’coute d’une oeuvre des donnes documentaires.

L’offre actuelle de tlchargement de musique en ligne ne semble pas permettre d’avoir une relle politique documentaire.

En ce qui concerne l’image : la consultation est entirement informatise. Une grande part est accorde la consultation des films. La qualit est excellente : certains sont gravs sur DVD, d’autres numriss (pas de problme de dgradation du support).
Cependant le fonds de films est essentiellement constitu de films documentaires et d’un petit fonds de films d’animation ; une ouverture limite sur la fiction est envisage (adaptations littraires).

Genevive Anstett, responsable du centre de ressources documentaires de la bibliothque de l’Ecole Nationale de Musique de Villeurbanne nous fait part la fois de son exprience et de son travail. Il s’agit de la constitution d’un fonds de partitions, revues et livres en lien informatique avec la MLIS de Villeurbanne (rcupration de notices OPSYS). Elle se pose la question d’un dbouch vers un partenariat au niveau des publics en effet les partitions sont l’cole de musique et le public de la MLIS ne peut pas les emprunter (peur des lus de voir le centre envahi par les Villeurbannais ?).

Une collgue de Grenoble fait alors part de la rflexion qui l’anime d’tablir une charte documentaire sur les deux mdiathques d’agglomration, les mdiathques de quartier plus la bibliothque du Muse de peinture et la bibliothque des coles d’art.

La ville de Nantes, quand elle clos, cette aprs-midi de dbat en apportant son tmoignage de la mise en place d’une charte de politique documentaire musicale assez rare pour tre souligne et construite sur les critres, particulirement subjectifs et sujets polmique de qualit de la production musicale franaise.

Patrick Bazin directeur des bibliothques de la ville de Lyon et grand tmoin de la journe prend enfin la parole afin de nous livrer son sentiment et faire une synthse de cette rencontre.

Il a bien ressenti le dsir ardent des discothcaires de se rapprocher de la bibliothque, de tisser des liens, de crer de la transversalit, pour se rapprocher de l’image de la bibliothque idale, unifie. Pour lui, la bibliothque est un lieu polymorphe, multiforme, multi support d’accs la connaissance.

En ce qui concerne les collections, une remarque s’impose lui : un double discours prdomine :explicite il se traduit par « pas de star’ac » et implicite par « on tolre, on est plus laxiste ».

Jusqu’ une priode rcente, le rle de la bibliothque tait de rendre compte d’une certaine structuration du savoir. On ne peut plus penser comme cela aujourd’hui. La question de l’encyclopdisme est en crise l’heure actuelle. La slection de base, qui tait un ple de stabilit, est toujours en mouvement, fonction de l’attente du public, de l’offre ditoriale, des demandes des lus, de la comptence des professionnels.

Le mouvement gnral va vers une multiplicit des cultures, des points de vue. La diversification culturelle ne fonctionne plus seulement dans le champ occidental classique. La ncessit de savoir circuler dans un espace de savoir, de sortir de sa prison culturelle ou mentale nous interpelle.

N’est-on pas en train de voir merger un modle « a posteriori » ? Le rle d’une mdiathque n’est-il pas d’valuer ce qu’elle fait, ce qu’elle a acquis auparavant ?
La dmatrialisation (Internet / numrisation des documents) produit de la diversit. Aura-t-elle un impact radical sur l’avenir du disque ?

Le livre, par nature, chappera au rouleau compresseur du numrique. Si le contenu musical, est relativement indpendant du support, il n’en n’est pas de mme du livre.
L
e rle du discothcaire ne disparatra pas pour autant : il y aura toujours besoin de conseil, d’accompagnement. Le discothcaire s’intressera au contenu, la recherche d’un morceau de musique.

Comment accueillerons-nous le public ? Le rle des bibliothcaires sera de tisser des liens entre les diffrentes formes d’expression.

Et pour ce qui est du domaine de l’conomique, entre les majors et les indpendants, il faut jouer sur les deux niveaux.

Le droit de prt, sujet polmique, n’est-il pas finalement une chance un signe de sant pour les bibliothques ? Cela signifie qu’elles reprsentent quelque chose. Elles peuvent prouver qu’elles sont des acteurs part entire dans la culture du livre.
Il ne faut pas opposer l’conomique au culturel et l’intellectuel.

La transversalit s’impose. On ne peut plus raisonner de faon spare entre les supports (image, son, crit...) : C’est une nouvelle ralit prometteuse qui rejoint une volution gnrale du champs culturel. Lectures haute voix, concerts..., se pratiquent partout. Les bibliothques doivent s’inscrire dans la « fractalisation » du champ culturel. Elles sont gnralistes. Leur faiblesse : elles n’ont pas de lgitimit domaine par domaine.

Pour ce qui est de la Coopration et des mises en rseaux, c’est la ncessit de la mise en place de complmentarits qui s’impose. Compte tenu de la diversit exponentielle de l’information, les bibliothques doivent pouvoir imaginer mettre en rseau de plus en plus de partenaires htrognes. L’volution des systmes informatiques permet des interfaces de plus en plus souples.

Enfin l’avenir est dans une mise en rseau « a posteriori », car la ralit, les attentes du public sont mouvantes. Il n’y aurait plus grand chose attendre de la mise en place de structures « a priori »).

Pour rajuster la dynamique des acquisitions, une interactivit avec le public et le monde de l’dition est ncessaire.

Il faut absolument avoir comme fil directeur la diversit : publics, attentes, bibliothcaires, production ditoriale, bnvoles...

Le rle du bibliothcaire est bien d’tre une interface au milieu d’une toile et d’un rseau. Ce sera la formule qui fera cho cette onzime journe d’tude VDL et en marquera le terme.