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ACIM co-organisé avec la BNF, la Cité de la musique et l’ABF

les Rencontres nationales des bibliothécaires musicaux 2009 - inscriptions clôturées - programme au format PDF ci-dessous

Paris

lundi 23 mars 2009, par Arsène Ott

Le temps des cigales

« L’information semble être un ’ bien ’, une dimension de l’humanité, inépuisable, non polluante et susceptible de croître à l’infini. Elle peut être fournie par les uns sans qu’ils s’appauvrissent, chose qui est inadmissible pour l’économie de marché, fondée sur la rareté et l’exclusion. Elle recèle l’abondance et la propriété collective... » Bernard Maris [1]

Champ / contrechamp

Le désenchantement des marchés financiers au cours de cet automne 2008 aura dissipé, le temps d’une saison, les brumes vertueuses qui enveloppaient une économie de prédateurs. Pour ceux qui avaient encore un doute, il est apparu clairement que l’enfer de la spéculation boursière n’était pas pavé de bonnes intentions, que les discours à répétition sur la transparence dans le domaine des finances, n’ont guère donné à réfléchir.
Par ailleurs, la lecture des textes de l’économiste Bernard Marris a fait apparaître que l’information (musicale, littéraire, scientifique, cinématographique...) pouvait être une sorte de contrechant productif, lorsqu’il est interprété dans la partition de l’économie libérale.
Le chant des cigales, est donc une façon de placer l’information, et en ce qui nous concerne son traitement dans les bibliothèques musicales, comme l’expression d’une autre liberté, qui n’est pas celle des marchés.
Face au champ de la gestion de la rareté, nous pouvons ouvrir un contrechamp, celui de l’abondance, qui « recèle (...) la propriété collective ».

Lors des dernières rencontres nationales (Toulouse 2008) nous avions entrevus la façon dont cette propriété collective s’exprimait, se développait à partir d’œuvres mises à disposition du public sous licence Creative commons (http://fr.creativecommons.org/), ou à partir d’une expression de soi pouvant prendre les formes les plus variées au sein de la « blogosphère ».
Nous avons également fait le constat que l’offre numérique en bibliothèque se développait souvent de façon houleuse, entre exploitation des nouvelles ressources technologiques et la gestion du droit d’auteur.

Les rencontres de 2009 seront l’occasion de souligner de quelle manière les bibliothèques, et en particulier les bibliothèques musicales, contribuent à l’abondance.

L’abondance (le temps des cigales) se caractérise ici par le fait que dans l’échange intellectuel on ne perd rien à donner, prêter, échanger. Si la connaissance est une appropriation, ce n’est pas parce qu’elle dépossède quelqu’un, mais parce qu’elle rend la culture à son destin : partager les lectures, les écoutes, les expériences, les recherches ; faire circuler les œuvres, relier et libérer les individus.
Bien sûr l’information (sa collecte, son traitement intellectuel, sa mise à disposition, sa numérisation, sa conservation...) a un coût, mais l’enjeu est pour nous que ce coût soit, autant que possible, pris en charge par la collectivité afin de garantir la liberté et la pérennité d’accès à l’information.

Ces rencontres 2009 seront l’occasion d’envisager les enjeux du projet Gallica 2, du Portail de la Cité de la musique, de pointer des démarches innovantes au niveau européen et de souligner la façon dont les portails documentaires permettent de « mutualiser » les ressources documentaires. Outils de partage et de valorisation du patrimoine et des productions documentaires (recherches, sélections, informations thématiques...), d’inscription dans la communauté d’information et de recherche liée à la musique (signets, flux RSS), de mise en commun des captations de concerts, de conférences ou d’évènements culturels, de mise à disposition d’accès à distance à l’information à l’information musicale, notamment en signalant l’évolution de l’offre de nouveaux prestataires (par ex. Bibliomedias - http://www.bibliomedias.net/).

En 2009 l’ACIM fêtera ses 20 ans d’existence

Si l’action publique contribue au chant des cigales, au traitement collectif de l’information, les rencontres nationales des bibliothécaires musicaux sont aussi l’affirmation du rôle joué par la coopération professionnelle.

Une sorte de « revanche de la coopération » se joue à travers les rassemblements et les échanges que nous organisons. Action de coopération professionnelle menée face à une société de consommation où l’on crée de la séparation, où la retraite dorée des uns spécule sur le temps flexible des autres, où l’information risque de plus en plus d’être engluée dans la concurrence.

Le temps des cigales est donc aussi le temps de la coopération, celui de l’ACIM qui en 2009 fêtera ses 20 ans d’existence.

Répondre à la rareté par l’abondance, à l’extension du domaine de la solitude par l’exubérance du savoir, voire de la musique.
La coopération musicale relie les professionnels, publics et les créateurs. Elle est ce pont, cette table partagée, cette copropriété, qui à la fois nous rassemble, marque notre singularité et nous libère.

Rappelons que l’Association pour la Coopération des professionnels de l’Information Musicale a été créée à Paris en 1989, avec pour objectif de départ la publication d’Ecouter Voir. [2]

La parution de ce périodique professionnel a été suspendue en 2003 pour faire place ensuite à de nouveaux outils coopératifs : le portail des bibliothécaires musicaux (www.acim.asso.fr), la liste de diffusion discothecaires_fr, les bulletins de liaison et précisément l’organisation des Rencontres nationales des bibliothécaires musicaux.

Nous remercions le collectif les Rhubarbus qui nous a permis d’illustrer le programme des rencontres à partir des éléments de scénographie issus de leur exposition ’Cadavres exquis’ créée à la Médiathèque de Strasbourg Centre ville – photographies A. Ott.
Pour tout contact avec le collectif : rhubarbu@gmail.com

Musicalement vôtre

Arsène Ott
Président de l’ACIM

Détour musical :

« Y’a des cigales dans la fourmilière » / La Rue Ketanou
http://www.deezer.com/#music/album/224334

Rappel :

L’ACIM est à la recherche d’un lieu, d’une Médiathèque, d’une ville... susceptible d’accueillir les Rencontres nationales des bibliothécaires musicaux en 2010 et 2011.
Cahier de charge : disposer d’un auditorium d’au moins 200 places, gérer des ressources documentaires musicales ou organiser des évènements liés à la musique, participer à l’organisation des rencontres.

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Bulletin d’adhésion 2009 disponible sur le site de l’ACIM


[1Nous empruntons à Bernard Maris la thématique des cigales mise en perspective dans : Antimanuel d’économie édité aux éditions Bréal. Vol. 1 « Les Fourmis » et le vol. 2 « Les cigales ».

[2L’ACIM était alors subventionnée par la Ville de Paris (Direction des affaires culturelles) et le Ministère de la culture et de la communication (Direction du Livre et de la Lecture, Direction de la Musique, de la Danse, du Théâtre et des Spectacles).