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La musique franaise au XIXe sicle : Romantisme, ralisme et symbolisme

La musique et son contexte en France : 3me partie : Berlioz, Offenbach et Debussy

vendredi 12 avril 2002, par Nicolas Blondeau

Histoire de la musique franaise au XIXe sicle

L’poque romantique : l’exaltation de la rvolte

Le Romantisme, un mouvement littraire

- Le Romantisme est d’abord un courant littraire, culturel et artistique europen dont les premires manifestations, en Allemagne et en Angleterre, datent de la fin du XVIIIe sicle. Il se manifeste par la suite en France et en Italie au cours des premires dcennies du XIXe sicle.

- Il est issu du Sturm und Drang (= Tempte et assaut), un mouvement littraire allemand (vers 1765-1785) n en raction l’importance excessive accorde par les Lumires l’esprit, la raison et l’universalit de la civilisation. Pour retrouver la bont naturelle de l’tre humain, il faut rejeter en bloc les institutions et les traditions, les lois et les prescriptions sociales.

Stimuls aussi par les ides de Jean-Jacques Rousseau « Les Rveries du promeneur solitaire (1778) », de jeunes crivains allemands privilgient l’motion subjective et la spontanit dans l’acte cratif : Johann Wolfgang von Goethe, et son roman les Souffrances du jeune Werther (1774), ainsi que Friedrich von Schiller, spcialement avec les Brigands(1781).

Les traits gnraux du romantisme :

- le sentiment de la nature exprim comme une extase fonde sur la ressemblance entre le paysage intrieur (celui de l’me) et le paysage extrieur (la fort profonde, la mer temptueuse),

- la critique du rationalisme,

- l’intrt port la priode mdivale gothique, et plus gnralement aux poques passes. C’est la naissance du roman historique cr par Walter Scott Ivanho (1820) qui inspirera aussi les auteurs franais : Victor Hugo Notre Dame, Alexandre Dumas Les 3 mousquetaires.

- le got pour les paysages d’un Orient potis (notamment chez Delacroix, chez Ingres),

- l’vocation de la vie intrieure (les sentiments) : la souffrance, l’obsession, la solitude,

- le got pour la libert, pour l’exprimentation,

- l’attirance pour les mystres et les forces obscures et tnbreuses (l’irrationnel, l’occultisme, le fantastique),

- la prminence accorde au rve et l’imagination cratrice, la fiction (le terme "Romantique" dsignant l’origine une situation, une atmosphre romanesque, donc digne de figurer dans un roman, l’instar de "pittoresque" : digne d’tre peint)

- et surtout un intrt accru pour l’individu, oppos comme un hros la socit. « L’artiste maudit, le pote solitaire, le gnie isol »

- on aboutit aussi avec le Romantisme l’mergence des identits nationales en raction l’Universalisme. Une mme loi pour tous devient : Chacun revendique libremement son identit.

Le mouvement romantique clate tardivement en France, car ici la littrature est une vritable institution avec ses acadmies, ses thtres officiels, ses tablissements d’instruction, ses revues.

Les nouveaux venus doivent batailler dur pour conqurir le pouvoir et renverser leurs ans, bien dcids ne pas se laisser dpouills de leur gloire, de leur honneur et de leur privilge.

Il s’agit donc de saper les bases de la lgitimit idologique de la culture classique.

En France, le romantisme aura un manifeste esthtique : la Prface de Cromwell (1827) d’Hugo, cette œuvre est prcde par l’tude de Stendhal, Racine et Shakespeare (1823-1825), qui opposait le « romanticisme » au classicisme pour louer le premier au dtriment du second. Pour les jeunes romantiques franais (dont Hugo), Shakespeare reprsentait un thtre libr des contraintes de la tragdie classique franaise.

Le scandale : La gnration romantique (Hugo, Musset, Vigny, Gautier, Nerval, Sainte-Beuve) qui formait le Cnacle, participe un mmorable scandale, survenu lors de la reprsentation du drame Hernani (1830), de Victor Hugo, et connu sous le nom de « bataille d’Hernani ».

Ce thtre remet en question de la rgle des trois units. La dramaturgie romantique multiplie les personnages et les lieux, mle le vers et la prose, le style haut et le style bas, le sublime et le grotesque, le beau et l’horrible.

Le Romantisme en musique

Les trois figures majeures du romantisme sont Beethoven, Berlioz et Wagner : le premier l’ouvre, le deuxime le dveloppe et le troisime le clt. Il faut bien sr citer comme autres grandes figures du mouvement : Schubert, Schumann, Chopin et Liszt.

La musique romantique est trs marque par des obsessions littraires et mythologiques : Promthe, Dante, Shakespeare et Goethe

Promthe est un des hros rcurrents de la musique romantique.

Un Titan, Promthe (dont le nom signifie « prvoyant »), pour rendre les humains suprieurs aux animaux, les rend capables de marcher debout. Puis il va drober aux dieux le feu, cach dans un bton creux. Pour le punir, Zeus le fait enchaner au sommet du mont Caucase, o un aigle lui dvore chaque jour le foie, ce dernier repoussant sans cesse.
Il est finalement dlivr par Hracls qui tue l’aigle.

La figure de Promthe pose :

- le rapport de la nature rgie par Dieu et de la civilisation dveloppe par l’homme,

- et le rapport de l’audace et du respect surtout dans le contexte post-rvolutionnaire.

Promthe est l’aventurier crateur d’une humanit nouvelle, celui qui conduit la civilisation.
C’est aussi l’insurg vaincu, tortur par le dieu qui le tient captif, refusant tout remords et toute rsignation.
C’est celui qui par sa seule connaissance gale la toute-puissance du dieu et arrache aux Dieux (la nature) une libert nouvelle.
Le romantisme identifia notamment Napolon captif Sainte-Hlne Promthe enchan sur le Caucase (ainsi Hugo dans Le Retour de l’Empereur et de nouveau dans L’Expiation ).

Quelques annes plus tard, Beethoven compose sa Symphonie hroque (dont on sait qu’elle se nommait primitivement Symphonie Bonaparte ).

L’œuvre symphonique de Beethoven est traverse par la figure de ce hros.

- La Troisime Symphonie (1803), intitule Sinfonia Eroica (Symphonie hroque), affirme la force de l’idal hroque : la lgende de Promthe qui, dfiant les dieux, fait don du feu l’humanit.

- La Cinquime Symphonie de Beethoven (1808) est un acte de dfiance de l’homme envers le destin, dont le bref thme d’ouverture dgage une nergie suffisante pour donner vie toute la symphonie.

- Dans la Neuvime Symphonie (1824), la forme symphonique est dpasse quand un chanteur se lve d’entre les musiciens et dclare : « Amis, changez de sons ! », et les invite chanter avec lui l’Ode la joie de Schiller. Etrange symphonie qui s’achve avec une chorale.

On peut voir ainsi le Communisme comme un mouvement d’inspiration romantique : « La philosophie fait sienne la profession de foi de Promthe : En un mot, j’ai de la haine pour tous les dieux ! Et, cette devise, elle l’oppose tous les dieux du ciel et de la terre, qui ne reconnaissent pas la conscience humaine comme la divinit suprme... Dans le calendrier philosophique, Promthe occupe le premier rang parmi les saints et les martyrs ». Marx (1841) Dmocrite et Epirure

Hector Berlioz (1803-1869), un romantique franais

Berlioz est la figure du musicien romantique : profil d’aigle, chevelure abondante et bouriffe, got prononc pour l’alcool et la drogue, amours tourments. En musicien anticonformiste, il compose la guitare et dteste le piano qu’il qualifie de guillotine de la musique.

Berlioz est aussi l’inventeur de la musique programme : toutes ses ouvres ont une intention illustrative, narrative ou descriptive.

La symphonie fantastique que Berlioz compose en 1830, raconte une histoire assez morbide trs largement inspire des amours orageux de Berlioz avec une actrice anglaise : Harriet Smithson rencontre en 1827 qui vient Paris interprter le rle d’Ophlie dans la pice Hamlet de Shakespeare.

Petit rsum : Aprs avoir consomm des substances illicites : de l’opium, le hros tue sa bien-aime, l’auteur est conduit l’chafaud. En enfer il est poursuivit par sa victime transforme en affreuse sorcire. (vengeance personnelle de Berlioz)

L’œuvre, sous-titre pisodes de la vie d’un artiste, en rupture avec le schma traditionnel des symphonies, est structure comme un drame en cinq mouvements, qui sont intituls respectivement :

- « Rveries et Passions »,
- « Un bal »,
- « Scne aux champs »,
- « Marche au supplice » et
- « Songe d’une nuit de sabbat »,

Chaque mouvement voque une attitude motionnelle et reprsente des variations d’une « ide fixe ».

Extrait n° 16 : La symphonie fantastique.

En 1839, Berlioz obtient le poste de bibliothcaire au conservatoire de Paris (un collge !) , il est nomm chevalier de la Lgion d’honneur. Il achve cette mme anne sa symphonie dramatique "Romo et Juliette", d’aprs Shakespeare

En 1845, Berlioz remanie une œuvre de jeunesse, les Huit Scnes de Faust, d’aprs Goethe, qui devient la Damnation de Faust, « lgende dramatique » cre sous sa direction l’Opra-Comique, sans grand succs.
Faust, figure mythique du savant prt pactiser avec le diable et lui vendre son me pour accder la connaissance. On est trs proche de Promthe.

Berlioz, excellent crivain laisse galement une importante œuvre crite : il tait critique musical et musicologue. Il est notamment l’auteur de : Trait d’instrumentation et de chef d’orchestre (1843) et l’Art du chef d’orchestre (1856).

Plus insolite il a crit une nouvelle de science-fiction : une cit utopique : Euphonia o les habitant sont tous musiciens. Berlioz est reconnu comme un des crivains majeurs (notamment pour ses mmoires) du XIXe sicle.

Extrait n° 17 : Le spectre de la rose

Le spectre de la rose fait partie d’un cycle de mlodies nomm Les nuits d’t sur un pome de Thophile Gautier :

Soulve ta paupire close

Qu’effleure un songe virginal ;

Je suis le spectre d’une rose

Que tu portais hier au bal.

Tu me pris encore emperle

Des pleurs d’argent de l’arrosoir,

Et, parmi la fte toile,

Tu me promenas tout le soir.

O toi qui de ma mort fut cause,

Sans que tu puisses le chasser,

Toutes les nuits mon spectre rose

A ton chevet viendra danser.

Mais ne crains rien, je ne rclame

Ni messe ni De Profundis.

Ce lger parfum est mon me,

Et j’arrive du Paradis.

Mon destin fut digne d’envie,

Et pour avoir un sort si beau

Plus d’un aurait donn sa vie,

Car sur ton sein j’ai mon tombeau,

Et sur l’albtre o je repose

Un pote avec un baiser crivit

"Cigt une rose que tous les rois,

vont jalouser."

Le site Hector Berlioz riche en ressources et documents est vivement recommand.

Berlioz crivain
 : la correspondance, les mmoires, les livrets, les critiques.

Le ralisme de la socit moderne

Balzac (1799-1850) est le peintre de la modernit, Offenbach en montrera la bouffonnerie sociale

"La vie parisienne" (1866) d’Offenbach propose 2 dcennies aprs la Comdie humaine (1841) de Balzac la description du triomphe de la Bourgeoisie (et de ses valeurs).

Le ralisme littraire nat en France avec les œuvres d’Alfred de Musset et de Balzac et va voluer vers le Naturalisme avec les romans de Gustave Flaubert, les nouvelles de Guy de Maupassant et les romans sociaux d’mile Zola.

Balzac ne cesse de montrer le dclin de la noblesse et l’mergence d’une bourgeoisie capitaliste (notamment dans le "Lys dans la valle")

On a chang de monde dans la socit de la Restauration : l’histoire est en marche comme une locomotive. Elle bouleverse les conditions de vie et les mentalits traditionnelles, les villes se transforment, et la bourgeoisie n’a vraiment plus les mmes valeurs que la noblesse...

Balzac peint la vie moderne, sa face lumineuse (les ftes, les succs) et sa face obscure (les faillites, les abandons, les trahisons, la corruption). Il parle beaucoup d’argent, puisque l’argent mne le monde. Sa grand œuvre compose entre 1829 et 1848 : la Comdie Humaine a l’ambition dmesure de recrer le monde de son poque.

Russir dans le monde moderne, est-ce vraiment autre chose que "faire fortune" ?

Jacques Offenbach (1819-1880)

N Cologne, en Allemagne, il arrive Paris en 1833, o il continu ses tudes de violoncelle au Conservatoire de Paris (1833-1834) Il devient violoncelliste l’orchestre de l’Opra-Comique de Paris avant d’avoir une carrire de soliste de musique de chambre.

Offenbach remporte un succs norme auprs du public parisien du Second Empire avec :

- Orphe aux enfers (1858) (encore Orphe !)

- La Belle Hlne (1864). Il collaborait pour l’criture de ses livrets avec les crivains franais Ludovic Halvy (1834-1908) et Henri Meilhac (1831-1897)

- La Vie parisienne (1866)

La dfaite de Sedan et la chute du second Empire font perdre Offenbach un public fru de satire sociale. Il fait une tourne aux tats-Unis en 1876.

Offenbach meurt le 5 octobre 1880 avant d’avoir achev son chef-d’œuvre : les Contes d’Hoffmann.
Offenbach avec Herv (injustement oubli) est l’inventeur gnial de l’oprette : une forme lyrique drive de l’opra, courte, gaie et entrecoupe de dialogues.

Ces œuvres dont « La vie parisienne » sont la satire d’une socit qui s’amuse, o l’argent mne la valse : nouveaux riches, escrocs, parasites, demi-mondaines (prostitues de luxe). La « jet set » de l’poque trs occupe s’encanailler.

Extrait n° 18 la Vie parisienne (1866) : « Nous sommes employs de la ligne de l’Ouest... » et « Je suis brsilien, j’ai de l’or... »

L’air du brsilien ou les confessions d’un jet-seteur !

Le Brsilien :

Je suis brsilien, j’ ai de l’ or,

et j’ arrive de Rio-Janeire

plus riche aujourd’ hui que nagure,

Paris, je te reviens encor !

Deux fois je suis venu dj,

j’ avais de l’ or dans ma valise,

des diamants ma chemise,

combien a dur tout cela ?

Le temps d’ avoir deux cents amis

et d’ aimer quatre ou cinq matresses,

six mois de galantes ivresses,

et plus rien ! Paris ! Paris !

En six mois tu m’ a tout rafl,

et puis, vers ma jeune Amrique,

tu m’ as, pauvre et mlancolique,

dlicatement remball !

Mais je brlais de revenir,

et l-bas, sous mon ciel sauvage,

je me rptais avec rage :

une autre fortune ou mourir !

Je ne suis pas mort, j’ ai gagn

tant bien que mal, des sommes folles,

et je viens pour que tu me voles

tout ce que l-bas j’ ai vol !

Pour plus d’informations on peut consulter la fiche sur la Vie parisienne que lui consacre le site de la revue thatre musical Oprette.,

Un site ddi aux oeuvres d’Offenbach agrable et bien construit : Les folies Offenbach

Le symbolisme : dandysme, dprime, dtachement et dcadence

La Nature est un temple o de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles :
L’homme y passe travers des forts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.
Charles Baudelaire "Correspondances"

" Ce qui fut baptis symbolisme se rsume trs simplement dans l’intention commune plusieurs familles de potes (d’ailleurs ennemies entre elles) de reprendre la musique leur bien. " Paul Valry

Le symbolisme est un mouvement de la fin du XIXe (annes 80 et 90) qui se dfinit essentiellement par l’idalisme d’artistes en raction contre un monde trop matrialiste, celui issu des mutations de la rvolution industrielle, vou au progrs technique, la recherche du profit, et aux luttes sociales.

Volontiers passistes, apolitiques, les symbolistes rejettent le positivisme d’Auguste Comte (la science va dlivrer l’homme) comme le socialisme et le matrialisme de Karl Marx (la dictature du proltariat, le paradis communiste).

En art et en littrature, ils s’opposent au naturalisme bourgeois devenu acadmique et qui privilgie le ralisme social finalement bien-pensant. Dans ses romans, Zola dcrie l’itinraire d’un personnage dviant, broy par un corps social monstrueux et impitoyable. Chez les symbolistes, le systme des valeurs s’inverse, et la marge devient la norme. Le hros symboliste, Des Esseintes -A rebours (1891) de Joris-Karl Huysmans - se construit un univers autiste sur lequel il rgne sans partage. (Un peu comme la famille Adams vit harmonieusement dans un chteau hant avec ses propres valeurs). Car l’humour noir est l’humour de la dcadence et du dandysme.

Les symbolistes ddaignent galement l’impressionnisme qui nie le sujet et les allgories.

On peut voir dans le symbolisme, la rsurgence du Romantisme, mais d’un Romantisme fatigu, fantomatique, mlancolique.

S’assimilons-pas toutefois, ce courant de pense "fin de sicle" une pathologie mortifre et asphixie. Les intellectuels contemporains de ce mouvement, comme Nietzsche, et Freud analysent des modes de communication au-del des codes explicites du langage et de la socit, des relations caches, entre les hommes et avec la nature, que l’intelligence a pour fonction de refouler.

Individualistes, souvent angoisss par le destin de l’homme dans un monde qui leur semble abandonn de Dieu, les symbolistes privilgient le subjectif, ils valorisent l’imaginaire, le rve, les hallucinations. Ils sont attirs par le mystrieux, l’trange, le fantastique, les zones d’ombre, les correspondances entre le visible et l’invisible  ; certains se tourneront vers une spiritualit inspire du renouveau chrtien, d’autres vers l’sotrisme.

- La littrature symboliste : Principaux crivains

Citons les noms quelques crivains franais : Joris-Karl Huysmans, Paul Verlaine, Villiers de l’Isle-Adam, et Charles Cros (le crateur malheureux du phonographe), Andr Gide, Paul Valry et Paul Claudel de l’anglais Oscar Wilde (Le portrait de Dorian Gray) et des belges Verhaeren et Maeterlinck

Ds 1880, les mardis du salon littraire de Stphane Mallarm consacrent ce climat spirituel. Mallarm s’attachera dfinir l’esthtique idaliste du nouveau courant dans un article (« Divagations », 1897)

« Le monde est fait pour aboutir un beau livre ». Mallarm.

Stphane Mallarm (1842-1898), pote et crivain symboliste franais laisse une oeuvre difficile, caractrise par une criture hermtique et maniriste, constituant une mditation inacheve sur le langage et sur l’art.

Cette œuvre est en effet la premire rompre toute attache avec l’exprience humaine pour devenir exprimentation sur la littrature. Mallarm souhaite garer son lecteur par le jeu des coupes, des inversions, des rejets, par la complexit de la construction et la raret du vocabulaire (utilis pour son sens tymologique plus que pour son sens actuel)

Mallarm souhaite faire du vers « un mot total, neuf, tranger la langue et comme incantatoire » qui « rmunre le dfaut de la langue ».

Les symbolistes s’emparrent progressivement de la scne, avec des pices de Maurice Maeterlinck (Pellas et Mlisande, 1892),
de Paul Claudel (Tte d’or, 1890)

Principaux peintres :
Pierre Puvis de Chavannes et
Gustave Moreau

Claude Debussy ou Le symbolisme en musique

Claude Debussy (1862-1918), compositeur franais, un des principaux prcurseurs de la musique du XXe sicle.
N Saint-Germain-en-Laye, Debussy voyage trs tt Florence, Venise, Vienne et Moscou en 1879. Il est employ comme musicien particulier de Nadejda von Meck, protectrice du compositeur russe Piotr Tchakovski. Pendant son sjour en Russie, il se familiarisa avec la musique de compositeurs russes comme Tchakovski, Aleksandr Borodine, Mili Balakirev et surtout Modest Moussorgski.

Debussy remporte le prestigieux Grand Prix de Rome en 1884.
Debussy gagne une certaine notorit avec le Prlude l’aprs-midi d’un faune (1894), une musique de ballet inspire par un pome de Stphane Mallarm, qui fit date.

L’opra Pellas et Mlisande, d’aprs la pice du mme nom de Maurice Maeterlinck, cr en 1902, projeta Debussy dans la gloire. L’œuvre nouveau fit date, car elle conservait et enrichissait le ct abstrait et quasi onirique de la pice de Maeterlinck, et aussi par son traitement de la mlodie, reproduction fidle du rythme de la parole dont elle reprsente une extension naturelle.

Debussy, le prcurseur de la musique moderne

Debussy fraya la voie une grande partie de la musique moderne. Ses innovations furent d’ordre aussi bien harmonique que syntaxique et sonore. "Vive Rameau ! A bas Gluck !"
Chez lui, les accords affaiblissent la tonalit donne plutt qu’ils l’appuient. C’est ce qui donne sa musique un ct rveur, qui lui a valu la qualification, fortement rductrice d’ailleurs, d’impressionniste, par analogie avec l’effet pictural obtenu par les peintres de l’cole de ce nom.

Pellas et Mlisande, un opra psychanalytique ?

Il est lgitime de faire partir une histoire de l’opra moderne de Pellas et Mlisande , dont la premire reprsentation (1902) concide presque exactement avec le dbut du XXe sicle.
Musicalement, Pellas et Mlisande montre une ambigut dans son rapport Wagner (rejet apparent, mais influence profondment assume de Tristan et de Parsifal). On y trouve aussi l’influence de l’opra de Moussorgski : « Boris Godounov » (1874).

Pellas et Mlisande est demeur un chef-d’œuvre isol et inimitable.
C’est d’abord un opra de la jalousie : le personnage de Golaud, ressemble fort celui d’Othello. Il maltraite Mlisande, et finira par la tuer ainsi que son amant Pllas.

Mais plus original, c’est un opra du malaise, de la dpression. Mlisande est une figure nvrotique ou hystrique : Mlisande est victime d’un trouble psychologique. « Ne me touchez pas », « Je ne suis pas heureuse ».
Cette œuvre est contemporaine de la naissance de la psychanalyse.

Petit rsum :

Golaud est un prince veuf qui vit dans un chteau sombre et triste o rdent la maladie et la mort. Son grand-pre, le roi Arkel, voudrait lui voir pouser une princesse d’un royaume contre lequel ils sont en guerre.

Lors d’une chasse, il rencontre une jeune fille qui pleure auprs d’un lac. Elle s’appelle Mlisande. Golaud lui propose de venir habiter au chteau familial et l’pouse. Mais Pellas, son frre, tombe amoureux de la belle. Golaud, fou de rage en apprenant, de la bouche de son propre fils, que son frre et sa femme se voient en cachette, dcide de les tuer. Il les surprend prs de la fontaine des aveugles, tue Pellas et blesse Mlisande. Il la ramne au chteau mais les portes sont fermes et ils doivent attendre dehors. Ils s’endorment contre la porte. Le portier les dcouvre enfin et prvient le roi Arkel, le grand-pre de Golaud. Avant de mourir, Mlisande met au monde une petite fille.

Extrait n° 19 Pellas et Mlisande
Acte 1 scne 1 :
GOLAUD
Je ne pourrai plus sortir de cette fort ! Dieu sait jusqu’o cette bte m’a men. Je croyais cependant l’avoir blesse mort ; et voici dans traces de sang. Mais maintenant, je l’ai perdue de vue, je crois que je me suis perdu moi-mme, et mes chiens ne me retrouvent plus.
Je vais revenir sur mes pas. J’entends pleurer. Oh ! oh ! qu’y a-t-il l au bord de l’eau ? Une petite fille qui pleure au bord de l’eau ?
(Il tousse.)
Elle ne m’entend pas,
Je ne vois pas son visage.
(Il s’approche et touche Mlisande l’aule.)
Pourquoi pleures-tu ?
(Mlisande tressaille, se dresse et veut fuir.)
N’ayez pas peur vous n’avez rien craindre.
Pourquoi pleurez-vous, ici, toute seule ?

MLISANDE
Ne me touchez pas ! ne me touchez pas !

Les ouvrages de Freud

On peut situer la naissance de la psychanalyse avec les tudes sur l’hystrie (1895). Il labore sa thorie de la sexualit infantile et dcouvre en 1897, le complexe d’Œdipe (encore un apport de la mythologie grecque).

Puis vient l’Interprtation des rves en 1900.

En 1902, Freud est nomm professeur titulaire l’universit de Vienne. Mais le monde mdical continue considrer son œuvre avec hostilit. Ses ouvrages suivants sont Psychopathologie de la vie quotidienne (1904) et Trois Essais sur la thorie de la sexualit (1905)

Transition : 2 bouleversements dans l’histoire de la musique :

- L’cole de Vienne et le dodcaphonisme entraneront la ruine de la tonalit : Schoenberg, Berg, Webern : Pierrot lunaire (1912), Wozzeck (1925)

- L’utilisation du timbre avec Igor Stravinsky : Le sacre du printemps (1913)

La musique franaise aprs 1945

Discographie
Bibliographie
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