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Bibliothcaire musical et polyvalence

samedi 26 janvier 2002, par La Rdaction

La question pose sur forum concerne deux sujets connexes : as-t-on besoin de comptences particulires pour grer un fonds musique ? Les discothcaires et bibliothcaires doivent-ils devenir compltement polyvalents ?

Le dbat est vif car les relations entre bibliothcaires imprims et bibliothcaires musicaux semblent loin d’tre apaises.

La polyvalence en question

La polyvalence n’est pas une chose souhaitable pour l’exercice de notre mtier. Si on connat tout, on ne connat rien. Qui peut prtendre exceller en tout ? Mme si en tant que mdiateur, on doit tre en mesure de renseigner un lecteur, est-on capable d’orienter dans tous les domaines un usager sur autre chose qu’une demande prcise ? Il s’agit souvent de grer une pnurie de personnel et un gel des embauches, notamment lors d’ouverture de sections multimdias.

Par ailleurs, la polyvalence ne parat pas un bon moyen pour entretenir la motivation des bibliothcaires. La polyvalence induit une forme d’interchangeabilit entre individus et nous transforme en caissire de supermarch.

Du bibliothcaire musical

Pour en revenir aux sections musiques des mdiathques (et mme aux sections audiovisuelles), peut-tre qu’il y a encore une vision ngative des secteurs imprims. Certains collgues discothcaires ont en partie mis en place ce ghetto pour affirmer leur identit professionnelle. Comme souvent dans ce genre de situation conflictuelle, les deux parties ont leur part de responsabilit avec d’excellentes raisons pour chacun.

Pour montrer le rle que peut jouer un professionnel musique en mdiathque, il suffit de se placer du point de vue de la demande des auditeurs. Comment un bibliothcaire non musical rpondra-t-il une demande sur un genre musical pointu, en musiques lectroniques par exemple ? S’il n’y connat rien, cela suppose qu’il y ait une bonne indexation sur la base bibliographique et donc un discothcaire capable de la faire.

Autre type de situation dj voque : si on n’a pas le(s) document(s) correspondant la demande prcise de l’auditeur, une personne spcialise sera mme de lui proposer autre chose voire (O miracle du service public) de lui faire dcouvrir d’autres disques ! Alors moins d’avoir une bibliographie permanente dans tous les genres et sous genres, il parat difficile de se passer d’une expertise…

Comment un bibliothcaire polyvalent fera-t-il pour constituer un fonds riche et cohrent par rapport nos missions culturelles ? Le recensement, la cohrence du catalogue, la mise en valeur des fonds et la conservation devraient tre mise en œuvre par un bibliothcaire ayant des comptences musicales.

Une formation peu dveloppe

L’absence de cursus de formation et de concours spcialiss joue aussi un rle dans l’absence de reconnaissance du mtier de bibliothcaires musicaux qui devrait dornavant remplacer l’appellation discothcaires. En effet l’volution des mdiathques amne mlanger les supports et le contenu devient plus important.

Pour conclure

Il faut appeler de nos vœux une volution des relations entre bibliothcaires imprims et musicaux afin de rendre le meilleur service aux usagers des bibliothques. L’idal serait de jeter aux orties les ractions de dfense et les images toutes faites que les uns ont des autres et rciproquement.

Pour nous bibliothcaires musicaux, il devient urgent de formaliser davantage nos pratiques et nos politiques d’acquisitions. Vaste chantier en perspective…

Interventions de Pascal Wagner, Sophie Szudrak, Christine Mass, Paul Heems, Sonia Popoff, Claire Touchet et Xavier Galaup

Messages

  • Juste quelques remarques concernant votre article. il me parat clair que la polyvalence n’est pas une chose souhaitable. Elle est souvent propose,voire impose pour des motifs conomiques.

    Nous devons garder nos spcificits et nos comptences mme si l’absence de formation officielle (depuis dj fort longtemps, depuis la disparition de l’option musique du dfunt C.A.F.B) se fait fortement sentir je crois que c’est nous d’exiger une formation digne de ce nom.

    Pour les formations il existe en rgion parisienne des moyens de se former :

    La cit de la Musique organise des sries annuelles de confrences hebdomadaires autour de l’histoire de la musique classique (sur deux ans) le jazz et les musiques du monde galement.

    De plus de nombreuses facults de musicologie proposent des cours d’histoire de la musique que l’on peut suivre en auditeur libre le cas chant, et puis il reste l’auto-formation "sur le tas" avec ses forces et ses faiblesses mais indispensable pour connatre le fond propos et le public.

    Je crois que plus nous serons professionnel plus cette notion absurde de polyvalence ne sera plus l’ordre du jour, mais c’est nous de mettre l’accent sur ce besoin vital d’une relle formation. Peut-on imaginer un metier sans une formation spcifique ?
    Telle est pourtant la situation des discothcaires actuels
    A nous de ragir et de faire des propositions dans ce sens.

    Voir en ligne : Bibliothcaire musical et polyvalence

    • Une petite raction votre article.
      Je travaille en bibliothque depuis peu de temps et depuis 6 mois je suis responsable de la discothque la bibliothque de Fontainebleau.
      Au cours de mes tudes j’ai suivi plusieurs spcialisations musicales dont l’option "musique" lors de mon DEUST "metiers du Livres" (!!!) Clermont-Ferrand.Cours dispenss par des discothcaires m’ont enseigns:l’histoire de La musique, du classique, du jazz, du rock et des musiques traditionnelles du monde. Sans oublier le catalogage et l’indexation des Cds et de la musique imprime.
      Bien que cette formation ne soit pas parfaite (l’option n’est propose que la deuxime anne et ne dure qu’un trimestre, les sujets abords sont nombreux et peu appronfondits), elle permet d’acquerir les bases ncessaires pour les passionns qui souhaitent faire ce metier.
      Je supose que d’autre DEUST ou IUT doivent proposer l’option musique.

  • Je tiens rappeler l’existence de la licence IUP Ingenierie documentaire option Musique l’Universit Le Mirail de Toulouse (IUP dlocalis Montauban).
    Au cours de cette formation j’ai pu approfondir mes connaissances dans tous les styles musicaux, grce des cours dispenss par des intervenants passionns : coutes de disques , historique, anecdotes... Une excellente exprience.